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François Hollande

1er Décembre 2014 : l’Elysée annonce la démission de François Hollande !

De Sylvain De Rivesmont, Etudiant, blogueur
. Politique
10 septembre 2014
64274 Vues
Sylvain Rieu Etudiant, blogueur http://prenons-parti.overblog.com/
Sylvain De Rivesmont
Etudiant, blogueur

Ils se sont tous réunis au Café de Flore ce soir-là. Nous sommes un 30 Novembre pluvieux, froid et austère, dans Paris mélancolique et faussement féerique, tant la ville se larmoie dans la désillusion de ses ouailles. Jacques Attali et Bertrand Delanoe sont arrivés en premier. Réservant une table pour une dizaine de clients, ils virent arriver Anne Hidalgo, sortie en trombe de sa mairie, mais aussi Lionel Jospin monté de l’Île de Ré en catastrophe. Martine Aubry et Julien Dray débarquèrent la mine déconfite. Seul Jean-Christophe Cambadélis semblait assez rasséréné, ainsi que l’invité le plus extravagant : Dominique Strauss-Kahn, arrivé dans les derniers. Deux clans se dessinaient dans le légendaire bistrot alors que l’élégant serveur japonais venait prendre les commandes.

Les réalistes, qui pensent que le Président n’est allé assez loin, menés par DSK ; et les frondeurs, qui pensent que le Président aura mené une politique faussement de gauche, menés par Aubry. Jean-Marc Ayrault arriva un peu en retard et s’installa entre Aubry et Delanoe. Jospin, DSK et Cambadélis dévisageaient Aubry et Dray, les accusant du regard d’avoir tout fait foirer en gauchisant le PS durant cette dernière décennie.

-Silence ! lança Attali qui se leva et prit un appel sur son smartphone. « Oui ? D’accord. Très bien, je suis au Flore avec les autres. Tu es sûr ? D’accord, tu as bien fait. On est tous ensemble là, on va discuter de la suite. Courage, François. » Et Attali raccrocha.

« C’est officiel, demain matin aux aurores. » annonça Attali à haute voix.

Un profond désarroi inonda la salle. Tout le monde était plus ou moins dépité.

-C’est la honte, lança Aubry.

-C’était prévisible, affirma DSK.

-Hautement prévisible, renchérit Attali.

-On aura au moins fait deux ou trois trucs…. actaDelanoe.

-C’est la mort de la gauche, dit Jospin sans grande tristesse.

Attali suggéra immédiatement que l’on dissolve le Parti Socialiste, Cambadélis était d’accord. Abandonner le mot « socialiste », la rose et séparer les socialistes historiques des réformistes vallsistes. Une dispute s’ensuivit où Aubry et Delanoe haussèrent le ton, à côté d’un couple de touristes américains aisés visiblement décontenancés par la scène. La discussion se poursuivit pendant deux heures.

Pendant ce temps-là, François Hollande tournait en rond dans le Salon Murat. Il ne voulait pas mettre « Manu » au courant d’abord, et encore moins « Lolo ». Les locataires de Matignon et du Quai d’Orsay chercheraient à le dominer et à l’influencer dans la manière de présenter la chose, et il ne se le pardonnerait pas.

Il se sentait toutefois libéré d’un poids et il connut un sommeil léger et suave. Il avait fait jurer à Attali de ne rien à dire à Valls ni à Fabius. Pourvu que les convives au Flore tiennent également parole….

Le lendemain matin, le Président se leva vers huit heures. Il ne prit même pas le temps de passer par la salle de bains ni d’avaler quelque chose, en robe de chambre il déambula directement vers son bureau et rédigea un bref communiqué, sobre, qu’il transmit ensuite au service communication.

Vingt minutes plus tard, alors qu’il était sous la douche, les services de la communication transmettaient la nouvelle à l’AFP ainsi que sur Twitter, en une poignée de mots : « Le Président de la République François Hollande quittera ses fonctions ce jour vers treize heures. »

Tout d’abord, d’aucuns crurent à une farce. On invoqua Le GoRaFi, mais également un pirate informatique, une véritable blague présidentielle pour irriter ses opposants… l’information ne mit pas longtemps à parvenir aux télévisions. Une fois sorti de la salle de bains et ayant passé un costume propre, François Hollande alluma l’écran plat dans le Salon Murat. BFM TV affichait le jingle « Edition Spéciale ». En gros figurait : « Démission de François Hollande ». C’était donc très rapide. Le Président profita de la matinée pour mettre ses affaires en ordre ainsi que celles de l’Etat, il éconduit tous les journalistes qui demandèrent à le voir avant treize heures.

13 : 00

Discrètement, une berline noire quitta le Palais de l’Elysée et une autre entra déposant le Président du Sénat qui assurerait l’intérim. Quelques militants PS exprimèrent un dernier au revoir à leur ex-président. Le président par intérim annonça la tenue d’une présidentielle anticipée dans quatre semaines. Le voiture de François Hollande quitta directement la capitale pour l’aéroport du Bourget où l’attendrait un vol privé pour Cannes, ainsi que sa maison de vacances de Mougins.

15 : 00

Le seul à l’UMP qui se prononça fut Alain Juppé qui venait de recevoir un texto impératif de Nicolas Sarkozy : « Pas de primaire, sinon je me présente séparément. C’est non-négociable. Je suis le candidat légitime. » Juppé annonça donc qu’il n’y aurait aucune primaire et que Nicolas Sarkozy serait le candidat de la droite.

Manuel Valls annonça qu’il était candidat. Cambadélis déclara qu’une primaire ne pouvait être organisée en si peu de temps et il soutint l’ex-locataire de Matignon, qui reçut également l’appui de Royal, DSK et Jospin. Aubry, Delanoe et Montebourg annoncèrent une candidature commune avec EELV et les mélenchonistes.

16 : 00

Ce qui reste du Front de Gauche ne confirme rien de ce qu’ont dit Aubry, Delanoe et Montebourg. Mais les écolos confirment. Montebourg est désigné candidat en catimini.

Rassemblé et intimidant, le FN annonce par la voie de sa présidente une candidature de celle-ci. Les centristes se chamaillent, Morin, Jégo et Bayrou perdant leurs moyens devant des journalistes, frisant le ridicule.

18 : 00

Tout s’était réglé dans les deux heures qui précédèrent. Bayrou conduira une alliance UDI-MoDem et Montebourg une alliance composée de l’aile dure du PS, d’EELV et de ce qui reste du Front de Gauche. Dupont-Aignan annonça la sienne, soutenu par De Villiers, Guaino et Mariani. Marine Le Pen s’en trouva furibarde mais contint sa colère. A l’UMP, on observa avec déception la fuite de Guaino et Mariani vers Dupont-Aignan, mais tout le reste se rassembla autour de Sarkozy.

Lendemain, 18 : 00.

Un premier meeting de Nicolas Sarkozy fut annoncé à Nice et un premier de Manuel Valls à Montpellier. Arnaud Montebourg haranguerait la foule à Lille et Marine Le Pen à Avignon.

Les semaines passent ….

Les sondages donnent Sarkozy en tête avec 25 % suivi de Marine Le Pen à 22 %. Manuel Valls ne traîne que difficilement à 21 %. Arnaud Montebourg ne dépasserait pas les 15 %. François Bayrou serait à 10 et Dupont-Aignan à 6, remontant par rapport à ses scores passés.

Noël. Les Français ne veulent plus entendre parler de politique pendant quelques jours. Les meetings sont en interruption. Tous les candidats se gargarisent de leurs meilleurs voeux.

28 décembre

Dans la presse gauchiste, on parle d’une présidentielle où la droite détient l’hégémonie des candidatures de Valls à Le Pen. Au dernier meeting de Manuel Valls avant le premier tour, à Bercy, DSK intervient et fait très bonne impression. Il tend la main à Bayrou.

3 janvier : 1er Tour

Il est 20 heures. Les estimations officielles tombent. Nicolas Sarkozy est en tête avec 26,5 % des voix, Marine Le Pen est deuxième avec 23,5 %. Manuel Valls reste troisième avec 22,7 %, Bayrou est à 13,5 et Montebourg reçoit l’humiliation avec seulement 11 %. Dupont-Aignan est à 9 %, Marine Le Pen s’empresse de lui demander un appel à voter pour elle. Le taux d’abstention est très élevé : 58 % des inscrits ne se sont pas déplacés.

Des émeutes éclatent en Seine-St-Denis, dans les Bouches-du-Rhône et dans le Rhône. La police blesse mortellement un jeune de 16 ans à Bobigny, tard dans la nuit le commissariat est attaqué et trois policiers sont tués. A Marseille, une fusillade éclate près du centre-ville et tue 17 personnes. Vers Minuit, toutes les grandes villes voient leurs cités de banlieue s’enflammer. Le président par intérim décrète l’état d’urgence. Le calme ne revient que le lendemain vers 15 heures. Marine Le Pen dénonce avec fracas, Nicolas Sarkozy avec une fermeté plus classique, étonnamment assez chiraquienne. Il appelle à « sauver la République » en votant pour lui.

6 janvier

Aucune manifestation anti-Le Pen dans les rues de Paris. Dupont-Aignan ne donne aucune consigne de vote. Au FN, on hurle. Bayrou et Valls appellent au vote Sarkozy. Montebourg fait scandale en ne donnant aucune consigne également. Le débat traditionnel d’entre-deux-tours n’a point lieu, Sarkozy l’ayant refusé comme Chirac en 2002.

10 Janvier

La France retient son souffle. Qui de l’UMP ou du FN l’emportera laisse toute la gauche et l’extrême-gauche désabusées. D’aucuns parlent d’un déclin moral de la France faute de présence de la gauche au second tour. Dans les salons branchés de la Rive Gauche, beaucoup dépeignent un pays « où la gauche, seule voie vers le salut de l’âme humaine, est morte ce soir dans le pays où elle a pourtant droit de cité ». Des propos qui, éventuellement relayés par voie de presse, ne manqueront pas de choquer des millions de Français viscéralement agacés par les leçons de morale de ces progressistes hautains imbus de leurs convictions trop radicalement exprimées.

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