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Pourquoi pas un moratoire sur l’obligation de cotiser à la Sécu, le temps d’un débat ?

De Sylvain De Rivesmont, Etudiant, blogueur
. Economie
3 novembre 2014
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Sylvain Rieu Etudiant, blogueur http://prenons-parti.overblog.com/
Sylvain De Rivesmont
Etudiant, blogueur

Certes, nous avons le meilleur système de santé au monde d’après l’OMS, suivis de près par l’Espagne et l’Italie. Mais pour certains de nos compatriotes, apporter sa pierre à cet immense édifice centralisé peut être une charge écrasante. C’est une obligation sacerdotale que nous imposons, je le comprends bien, pour permettre à ce que tout le monde puisse être soigné, riche ou pauvre. Je suis le premier à déplorer la situation excessive du système de santé américain. Les soins médicaux ne sont pas un loisir divertissant que l’on s’offre, c’est une nécessité. Quand on est malade, il faut être soigné. Quand on a un cancer qui peut être enrayé, il serait impensable de se laisser mourir parce-que le traitement coûte trop cher. Alors on fait appel à la solidarité de ses compatriotes.

Mais la solidarité nationale publique, en France, pèse sur le budget de certains agents économiques de manière de plus en plus oppressive, sans que cela leur soit utile pour autant. « La sécu » rembourse moins bien les soins qu’auparavant et dépense toujours plus, son déficit se creuse. Les mutuelles, bras armés des différents régimes spéciaux qui cloisonnent notre société en rangeant les citoyens dans des cases, parfois en causant des morts quand on en change (cf. le jeune diabétique normand décédé à cause de son insuline non financée), sont parfois inefficaces et ponctionnent trop leurs clients. Des étudiants ne se soignent même plus, même ayant des problèmes de santé grave. Le meilleur système de santé au monde serait-il au final comme tous les autres, imparfait ?

Les libéraux purs et durs, dont certains me dénient à tord ou à raison, la qualité de libéral, voudraient que l’on ait aucune assurance maladie publique, ou tout du moins que nous en ayons une mais non-obligatoire.

Établissons un moratoire. Laissons les sécurités sociales privées fonctionner un temps à côté de « la sécu », la grosse centralisée. Donnons le droit aux citoyens qui le veulent de quitter la sécurité sociale. Il faut être rassurant : une telle autorisation n’entraînera pas une désertion totale des cotisants. L’immense majorité des Français reste attachée au fonctionnement actuel, et on peut les comprendre. Demain matin, vous tombez malade. Vous chopez une saloperie et il vous faut 10 000 euros pour vous soigner. Vous ne les avez pas et les banques ne veulent pas vous prêter. Allez-vous les voler ? Vous suicider pour éviter la mort lente que la maladie vous réserve, avec le préjudice moral que cela causera à vos proches ? La solidarité entre les citoyens est indispensable pour garantir une société en bonne santé, et les médecins qui font un travail formidable doivent être rémunérés à leur juste valeur. Mais la solidarité privée, c’est possible.

Ce n’est pas la situation américaine que je prône. Mais ce n’est pas non plus un modèle de santé marxiste. A Cuba, sur le papier cela fonctionne. Mais leurs hôpitaux sont dans un état apocalyptique, même si le savoir médical des médecins peut être excellent, si le médicament ou la seringue est moisie car les stocks sont épuisés, on tue le patient. L’OMS classe Cuba et les USA à peu près au même niveau, c’est à dire loin derrière la France, l’Italie et l’Espagne.

Pendant un temps, en France, disons un an, laissons le choix entre « la sécu » ou des assurances privées. Voyons comment cela se passe, d’un point de vue à la fois économique et médical. Voyons ce qu’un consensus entre médecins et économistes pourrait donner. Et au bout de l’échéance, actons ou non de l’évolution.

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