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WASHINGTON, DC - JUNE 19:  U.S. President Barack Obama speaks about Iraq in the Brady Briefing room of the White House on June 19, 2014 in Washington, DC. Obama spoke about the deteriorating situation as Islamic State in Iraq and Syria (ISIS) militants move toward Baghdad after taking control over northern Iraqi cities.  (Photo by Chip Somodevilla/Getty Images)

Non Obama n’est pas le messie mais au final un président très moyen

De Sylvain De Rivesmont, Etudiant, blogueur
. Internationale
22 novembre 2014
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Sylvain Rieu Etudiant, blogueur http://prenons-parti.overblog.com/
Sylvain De Rivesmont
Etudiant, blogueur

Je l’avoue, en 2008, j’ai cru qu’il allait changer le monde. Du haut de mes 16 ans, j’ai été stupide, éventuellement manipulé par la gauche bourgeoise de mon pays politiquement perverti. Passons point par point.

Diplomatie : il a fait du George Bush en plus soft. En Syrie, il a été à deux doigts de déclencher la Troisième Guerre Mondiale et s’est montré, objectivement, plus dangereux que Poutine en Ukraine. Son ingérence ukrainienne est peu acceptable et l’Europe courbe l’échine. Il n’a pas fermé Guantanamo et n’a guère fait avancer le débat sur l’inutile et obsolète embargo contre Cuba. Sur Israel, il manque de clarté, on s’y perd. On aurait pu attendre moins d’OTAN en tant que Français. Sur l’affaire Snowden, il a été exécrable, mais un autre aurait été pareil que lui, je ne le nie point. Bush Fils aurait été pire encore. En Libye, il a marché à fond avec nous, où nous avons eu tord d’aller. Toutefois, il aura eu le mérite de liquider Ben Laden, officiellement en tout cas. Good job.

Immigration, sécurité intérieure, questions raciales et gay : sa réforme de l’immigration est contre-productive, la même en Europe au niveau de Bruxelles provoquerait un tollé. Il n’a pas abrogé le Patriot Act, et il n’a pas pris la mesure de la démarche humaniste de Edward Snowden. A mon sens, il aura été courageux sur le mariage homo et aura fait de son mieux pour arrondir les angles dans l’affaire de Ferguson. Sa gestion de l’ouragan ayant frappé New York a été dix fois meilleure que celle e Bush avec Katrina.

Chômage et croissance : oui, il a fait baisser légèrement le chômage et a relancé la croissance, mais cela reste insuffisant pour le poste qu’il occupe, et dans certaines régions les américains se sentent oubliés par la relance keynésienne qu’il a initié. La manière dont il a sauvé les banques, comparable à celle de Sarkozy, mériterait débat. Quant à la quasi-nationalisation de GMC, un homme d’Etat américain aurait pu éviter cette vulgarité.

Protection sociale : l’Obamacare restera sa mesure-phare. Bien qu’assez maladroitement construite vu d’Europe, on ne peut que difficilement lui donner tord dès lors que l’on attache à la médecine une dimension moins commerciale qu’à l’automobile ou à l’informatique. Quand on est malade, il faut se soigner, argent ou pas. Un bon point pour Obama.

L’Obamacare et la mort de Ben Laden resteront ses deux réussites. Ce n’est pas un président exceptionnel, il restera dans la moyenne de ceux qui lui ont succédé. Dans la moyenne, car il n’a pas été mauvais. Son interventionnisme a pu résorber certaines avaries économiques de la fin des années 2000, mais pour combien de temps ? Des mesures moins interventionnistes ont montré, ailleurs, qu’elles pouvaient faire chuter drastiquement le chômage.

Pour l’aspect psychologique, il a été surestimé mondialement en 2008. Dans le même temps, il est trop diabolisé sur son extrême-droite, celle des Etats-Unis étant parfois violente dans sa vision du monde. Un racisme latent a pu conduire une partie de l’extrême-droite américaine à voir en lui une sorte d’icône satanique, mais il y a aussi une forme de « racisme positif » qui notamment Europe, a pu laisser penser qu’il sauverait le monde. L’a-t-il sauvé ? Je ne crois pas.

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