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Le gouvernement ne veut pas voir la guerre de civilisation dans laquelle nous sommes

De Paul Le Réactionnaire, Blogueur et Youtubeur politique
. Société
2 mars 2015
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Paul le Réactionnaire blogueur « société »
Paul Le Réactionnaire
Blogueur et Youtubeur politique

Mohammad Hasan Khalil al-Hakim alias Abu Jihad al-Masri alias Abu Bakr Naji est l’ancien chef de la propagande médiatique d’al Qaeda. Avant d’être tué par un bombardement en octobre 2008, il a publié divers ouvrages destinés aux djihadistes. En 2006, il publie un pamphlet anti-américain, « Myth of Delusion », où il étudie la stratégie de guerre américaine. La même année dans un texte intitulé « Towards A New Strategy in Resisting the Occupier » il invite les musulmans à lutter contre la présence occidentale en Irak et contre la présence israélienne en Palestine. Il prône la lutte par le « djihad personnel » qu’il définit comme la mise en place d’actions constantes mais de faible violence. Mais son ouvrage le plus célèbre, et le seul traduit en français, est « Gestion de la Barbarie » où il décrit les moyens par lesquels les combattants islamiques (les djihadistes) arriveront à leurs fins : la création d’un nouveau califat islamique et, par suite, la conversion de l’ensemble de l’humanité à l’islam.

Cet ouvrage fut publié en langue arabe en 2004 sur internet, en 2006 aux Etats-Unis et en 2007 en France. L’édition française, publiée par les Editions de Paris, est préfacée par Jacques Heer, un historien spécialiste du Moyen Âge et de l’islam. Il est disponible en librairie ou sur Amazon au prix de 24€*. A noter qu’à l’inverse de la traduction anglaise, l’édition française ne présente pas l’intégralité du texte initial.

Pourquoi traduire et publier un tel ouvrage ?

En 1934, André Calmettes explique les raisons qui l’ont conduit à traduire Mein Kampf : « je n’ai pas traduit Mein Kampf sans but ni raison. Ce pensum de huit cent pages, je me le suis infligé de bon cœur pour les miens et pour mes amis, mais aussi pour tous les hommes et pour toutes les femmes de bonne volonté, surtout pour les jeunes. […] Certes, cet ouvrage qui fut livré au public allemand en 1926-1928 jette une clarté singulière sur la politique allemande de l’après-guerre. En l’ignorant, nous satisfaisant de manière bien facile de révélations au compte-gouttes, nous étions ridicules et stupides ; nous découvrions des fragments minimes d’une vérité que l’on nous jetait au visage en huit cents pages serrées. Certes aussi, les prophéties de cet ouvrage engagent l’avenir. La doctrine d’action politique, complaisamment développée, demeure actuelle. Le livre constitue le dogme du parti qui mène l’Allemagne actuelle, dogme d’une agissante majorité, dogme demain de l’Allemagne entière ». Ainsi, les objectifs de la publication des pensées d’Hitler en France étaient de rendre les français moins « ridicules et stupides », de leur permettre de comprendre les dangers du Troisième Reich et de les avertir de l’éminence du déclenchement d’une guerre en Europe.

Ce sont ces mêmes objectifs que poursuivent les Editions de Paris par la publication de Gestion de la Barbarie. Faire connaitre ce livre leur semble être impératif car l’Occident doit comprendre la philosophie et les objectifs des divers groupes djihadistes. Toutefois, cette diffusion dans les diverses langues européennes est un risque pour l’Occident. Pour comprendre ce risque nous devons d’abord analyser le contenu de cet ouvrage.

Quel est le sujet principal de « Gestion de la Barbarie » ?

Le livre d’Abu Bakr Naji, n’est pas seulement un manuel de guerre. Il est aussi un manuel d’histoire des combats islamiques déjà menés. Il y explique que les djihadistes commencent à être désorganisés par la multiplication de plans, d’ordres et de sous-groupes. Il ne reconnait que 5 groupes djihadistes historiques et explique que ce livre leur est destiné. L’objectif de l’ouvrage n’est pas de leur donner des directives précises mais un plan général sur la façon de combattre les forces occidentales (« le diable »). C’est ici une différence fondamentale avec Mein Kampf où étaient soulevés les problèmes (notamment « la question juive ») mais où aucun moyen de les résoudre n’était mentionné.

Abu Bakr Naji est conscient que le combat pour le califat ne sera pas simple. Mais, pour redonner confiance à ses lecteurs, il donne l’exemple du djihad mené contre les russes en Afghanistan vingt ans plus tôt. Ces derniers étaient plus armés que les afghans. Mais, l’énergie et le sens du combat des moudjahidines leur ont permis de gagner cette guerre (p190). Cette foi en la victoire, ainsi que les victoires déjà remportées par l’islam radical, est l’un des éléments d’attraction de cet islam que rien ne semble pouvoir vaincre.

Quels sont les combats qui doivent être menés ?

Le premier est celui contre l’hypocrisie. Selon lui, il y a beaucoup d’hypocrisie de la part des musulmans qui renient le djihad et qui emploie ce terme à mauvais escient. Le djihad ne doit pas seulement être entendu de manière théorique (remet-il en cause les enseignements du Coran sur le « petit » et le « grand » djihad ? J’avoue ne pas avoir compris ce point).

« Ceux qui n’étudient le djihad que théoriquement, c’est-à-dire le djihad tel que décrit sur le papier, ne comprendront jamais ce chapitre. De façon regrettable, les jeunes de notre Oumma  ne comprennent plus la nature des guerres depuis qu’on les a privés d’armes. ».

Le djihad est donc pour lui la guerre. Et les actions doivent être violentes : « celui qui s’est engagé vraiment dans le djihad sait que ce n’est rien d’autre que violence, cruauté, terrorisme, terreur et massacres ». Cela a le mérite d’être clair. Il poursuit sur le risque de vouloir être doux avec l’ennemi : le djihadiste « ne peut continuer le djihad dans la douceur, pensant que la douceur est un moyen de dissuader d’autres gens de rejoindre le djihad, de prendre position et de participer aux actions : les ingrédients mêmes de la douceur sont les ingrédients de l’échec de toute action djihadiste ». Et puisque le combat est en plusieurs étapes, le djihadiste « ne sait pas qu’il ne peut continuer à se battre et à progresser d’une étape à l’autre si l’étape initiale ne passe pas par un stade de massacres et de terrorisme à l’égard de l’ennemi ».

Le second combat est celui contre l’incroyance des occidentaux mais également celles des musulmans qui se sont détournés de la religion. Cette incroyance serait néfaste aux musulmans car elle les conduirait vers la dépravation. En ce sens le djihad serait salutaire. « Ceux qui ont observé l’état de l’Occident pendant ces dernières années ont pu voir clairement sa descente, étape après étape, vers cette incroyance et cette dépravation vers lesquelles une génération après l’autre sont tombées. On peut même dire que cette descente s’accélère. Jour après jour, l’incroyance de l’Occident s’est profondément ancrée. Il en va de même pour notre Oumma qui va d’erreur en erreur via l’incroyance et la corruption morale. Les gens sont engagés dans le commerce usurier, la prostitution et des jugements selon les lois séculières. ». Cette incroyance mènerait à l’enfer terrestre et au châtiment divin.

Enfin, le dernier combat doit mener à l’installation de la charia (« bataille du tawid »). Et, bien que le mot ne soit jamais mentionné, le capitalisme est un ennemi de l’islam puisqu’il impliquerait un pillage des terres d’Islam (« ces richesses d’Allah que les gens du Mal ont volées »). Lors de ce dernier combat, les richesses seront redistribuées entre musulman.

Pour résumer la pensée d’Abu Bakr Naji, ce qui n’est pas musulman est le mal (« le diable ») et le djihad est une lutte pour « la justice ».

Quelles actions doivent être mise en place ?

Ces derniers jours, après l’article de Valeurs Actuelles de jeudi, les media français ont insisté sur plusieurs points. Mais il est un point essentiel dont personne n’a jamais parlé en France. Pourtant, tout un chapitre du livre lui est consacré.

Globalement, le djihad doit être basé sur la peur afin de soumettre rapidement les occidentaux. Pour cela, les attentats doivent être réguliers, les journalistes assassinés (« attaquer le ventre mou de l’occident ») et les touristes kidnappés.

Mais cette terreur ne pourra être effective que si des musulmans non-violement djihadistes (comprendre ceux qui ne font pas de lutte armée mais qui soient assez intégristes pour soutenir le djihad) soient infiltrés. «Nous devons infiltrer les forces de police, les armées, les différents partis politiques, les journaux [newspapers dans la version anglaise – à traduire pas rédactions], les groupes islamiques [comme le conseil français du culte musulman], les compagnies pétrolières, les compagnies de sécurité privées, les institutions civiles sensibles… Cela a commencé il y a des décennies mais nous devons accroitre cette infiltration. ».

Les actions et les objectifs sont précis car l’auteur connait parfaitement l’Occident. Il est regrettable que nos gouvernements n’est pas une analyse aussi claire de l’islamisme radical.

Ce livre doit-il donc être en vente libre ?

Sur Amazon.fr, il n’y a que deux commentaires pour ce livre. L’un est pour sa vente, la jugeant utile, l’autre y est opposé.

L’une des questions que soulève la publication d’un tel ouvrage est celui des droits d’auteur. Hitler devint millionnaire grâce aux droits d’auteur de Mein Kampf. A qui reviennent les droits d’auteur de Gestion de la Barbarie ? Peut-on courir le risque de financer le terrorisme en achetant un tel livre ?

De plus, les medias occidentaux et l’éditeur français ont comparé ce livre à Mein Kampf. La comparaison est juste dans la nature et l’objectif de ces deux ouvrages. Cependant, à l’époque de l’Allemagne nazie, un pays, avec ses frontières, sa langue, ses lois, se préparait à entrer en guerre et à s’occuper de la « question juive ». Si le reste de l’Europe devait entrer en guerre l’ennemi était connu et ses émules, à la sortie de l’opus d’Hitler, étaient peu nombreuses hors d’Allemagne. Or, il y a en Europe, aux Etats-Unis et dans de nombreux autres états non arabes, des jeunes et des moins jeunes qui souhaitent faire le djihad. La plupart d’entre eux est très influençable et un tel ouvrage peut achever de les convaincre. Il ne s’agit plus ici d’états contre d’autres mais d’un ensemble de groupes de fanatiques (diffus) contre des états.

Quant à la majorité d’entre nous, avons-nous besoin de lire un tel ouvrage pour comprendre et constater la dangerosité de ces groupes et leur volonté de faire couler le sang ?

Je laisse chacun se faire son opinion sur la question.

Toutefois, on comprend que les djihadistes ont d’ores et déjà atteint certains de leurs objectifs. En effet, à l’instar des espagnols qui, après les attentats de Madrid, ont choisi Zapatero qui leur promettait la paix et la sécurité face aux islamistes, par le retrait des troupes espagnoles en Irak, nombreux sont les européens qui, par peur du terrorisme islamique, demandent à leur gouvernement de plier face aux revendications islamiques.

Enfin, ce livre est une démonstration de plus que cette guerre n’est pas territoriale mais surtout culturelle et religieuse.

* Cher lecteur, je n’ai pas lu la version française du livre mais la version anglaise (disponible gratuitement sur le site de l’université d’Harvard). La traduction des passages cités dans l’article est donc la mienne et non pas celle du traducteur des Editions de Paris.

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