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Après les signes religieux chrétiens, les « laïcards » s’attaquent aux spécificités Alsaciennes

De Alexandre Otn,
. Société
30 mai 2015
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Alexandre Otn
Alexandre Otn

La République universelle reconnaîtrait-elle d’abord le particularisme des personnes avant celui de ses régions ? Tout semble à croire que pour le microcosme socialo-maçonnique les diversités ne sont bonnes à prendre que ponctuellement.

La France, riche de son Histoire, a su traverser les âges en perpétuant certaines traditions locales ou en intégrant les travers historiques comme identité culturelle. L’Alsace-Moselle, meurtrie durant 75 ans, est aujourd’hui pointée du doigt pour son irrévérence cultuelle. Par une proposition de loi enregistrée à la Présidence du Sénat le 22 mai 2015, le Sénateur, mosellan et communiste, Patrick Abate fait du délit de blasphème, perpétué en droit local alsaco-mosellan, une disposition à abattre[1]. Jugé comme « anomalie de l’Histoire »[2], ce délit serait source d’obscurantisme et de servitude. Il est étonnant de constater comment les communistes s’arrangent de l’Histoire quand on se souvient des procédés liberticides de l’URSS, si chère à nos compatriotes rouges, mais également des mentions faites dans l’exposé des motifs de la petite loi. M. Abate nous informe ainsi qu’il faut remonter au Chevalier de La Barre (1766)[3] pour obtenir un cas de blasphème dans notre récente histoire. Dans un passé plus proche,  il faut bien avouer que jamais le délit de blasphème hérité du code pénal allemand de 1871 n’a été prononcé depuis la réannexion des trois départements suite au Traité de Versailles du 28 juin 1919.

Mais alors, pourquoi tant d’agitation devant un délit d’opérette ?  Bien évidemment, le drame de Charlie Hebdo survenu le 7 janvier 2015 y est pour beaucoup quand le fondamentalisme religieux est en cause. Mais la vérité est toute autre. Volonté unilatérale de l’entente communo-maçonnique, le Grand Orient de France a fait de la laïcité son grand combat pour le XXIe siècle. Quelque peu en retard de quatorze années, c’est le 9 décembre 2014[4] qu’il propose d’ « abolir au plus tôt le délit de blasphème ». On comprend toute la violence verbale à l’encontre d’une pratique ô combien liberticide et asservissante pour les alsaco-mosellans. Quelle grandeur d’âme de la part de cette obédience, majoritaire en France, de seulement cinquante milles membres. Ceci étant, ce n’est que la continuité normale d’une conversion forcée de toute une nation au profit de la nouvelle religion d’Etat : le laïcisime. Concept fort intéressant, adulé par certains, copié par d’autres, il est en passe de devenir le premier culte français. Cette croyance nationale s’acoquine d’ailleurs très bien avec sa petite sœur : la liberté d’expression. Complémentaires ces idées sont le témoignage d’une décadence culturelle et d’une ineptie d’Etat. Quand la France « ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte »[5] elle ne doit pas pour autant imposer une morale laïque au détriment des croyances de chacun. La laïcité à la française est constitutive du vivre ensemble ; autrement dit de l’accompagnement des individus par l’Etat dans leurs croyances respectives.

Or, c’est bien tout l’inverse qui est en train de se passer. Chahutée, la laïcité n’a aujourd’hui plus d’identité si bien qu’elle devient un concept universel intouchable, inqualifiable, la représentation divine républicaine pour laquelle on bafouerait même la liberté d’expression pourtant consœur[6].

Ce n’est donc pas en détricotant un régime concordataire vieux de plus de deux siècles que la liberté d’expression s’en retrouvera grandie. Bien souvent pointé du doigt, le culte musulman reconnaît pour sa part un gage d’apaisement dans le Concordat et constate qu’il permet « un meilleur vivre-ensemble »[7]. Toutes les croyances doivent être respectées pour qu’un dialogue apaisé puisse s’ouvrir au profit de la lutte contre l’obscurantisme de notre temps : la bêtise humaine.

L’uniformité d’une nation derrière un concept, aussi mouvant soit-il, est dangereuse. « Le cléricalisme, voilà l’ennemi » proclamait Gambetta dès les débuts de la IIIe République. Je préfère dire « le laïcisme, voilà l’ennemi ».

 

1)  http://www.senat.fr/leg/ppl14-464.html

2)  http://www.groupe-crc.org/+-Patrick-Abate-208-+.html

3) http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/La_Barre/128262

4)  http://www.godf.org/uploads/assets/file/25-propositions-du-GODF-laicite.pdf

5) Article 2 de la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Eglises et de l’Etat

6)  http://www.marianne.net/reunion-publique-laicite-censuree-mairie-saint-denis-100233991.html

7) http://www.republicain-lorrain.fr/actualite/2015/01/20/delit-de-blaspheme-debat-en-alsace-moselle

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