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enfer pme

Il faut le dire il est très dur en France d’être un patron d’une petite PME

De ,
. Economie
21 janvier 2016
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Emmanuel Macron, boute-feu notoire, vient de provoquer une sacrée tempête dans le verre d’eau politico-médiatique. Face à un Bourdin que j’espère médusé, n’a-t-il pas osé déclarer que « La vie d’un entrepreneur est bien plus dure que celle d’un salarié » ! On croit rêver ! Boirait-il ? Serait-il atteint de démence juvénile ?

Tout le monde le sait : le chef d’entreprise, quelle que soit la taille de cette dernière, se la coule douce, va de fête en fête accompagné de pulpeuses beautés, se fait péter la sous-ventrière à coup de vins et de mets fins, roule dans de luxueuses limousines et habite un palais. Quand la fantaisie l’en prend, il licencie sans raison aucune les pauvres hères dont l’exploitation assure son train de vie de nabab et la pérennité de sa fortune.

Le salarié, lui trime dur de l’aube au coucher du soleil (quand sa misère ne le condamne pas à rejoindre alors un autre poste), rentre épuisé dans un sordide galetas, a pour toute fête les documentaires d’Arte sur la Shoa, se nourrit frugalement de produits douteux arrosés d’eau du robinet et s’entasse dans des transports en commun quand ses moyens lui permettent de laisser son vélo au taudis. Avec pour seule perspective un prochain licenciement menant à une encore pire misère. Car le fruit de son travail est confisqué par son ploutocrate de patron.

Et si la vérité était un chouia différente ? Si on quittait la caricature pour la réalité ? Car la réalité des entreprises est souvent tout autre. Un haut niveau de vie est certes assuré aux patrons du CAC 40 comme leur sont octroyés retraites-chapeau et parachutes dorés. De là à ce qu’ils mènent une vie de rêve, il y a de la marge. Et quand bien même la vivraient-ils, que représentent-ils ? Ils n’emploient qu’une faible proportion des salariés. Le reste travaille dans de moyennes, petites, voire minuscules, entreprises gérées par des patrons dont la vie n’est pas toujours un lit de roses.

Quand tout va bien, le petit patron bénéficie d’un train de vie supérieur à celui de ses employés, c’est certain. Mais pour cela, il lui faut trouver des marchés sur lesquels écouler ses produits, ses marchandises ou ses services. Il est soumis à la concurrence. Il lui faut donc sans cesse s’en préoccuper : quand la conjoncture est bonne, il faut savoir en profiter, quand elle est moins favorable, ce n’est pas le moment de se relâcher. Du coup, les cinq semaines de vacances et les 35 heures, c’est plutôt pour les salariés.

Et quand les choses tournent au vinaigre ? Quand, pour une raison ou pour une autre (gouvernement socialiste, crise économique, etc.) de graves difficultés se profilent ? Qui est le plus mal loti ? Ça peut paraître curieux, mais le petit patron, quand il rencontre un vrai coup de mou ne s’empresse pas de mettre ses employés à la porte ne serait-ce que parce qu’il en a besoin, qu’il espère un mieux et que même s’il s’y résignait sa trésorerie ne lui permettrait pas forcément de leur payer les indemnités dues. Et les trous se creusent… Si rien ne s’arrange, une fois qu’il a bouché les trous de l’entreprise en liquidant ses avoir et qu’il s’est endetté plus que de raison, la solution s’impose : il met la clé sous la porte. Le salarié se verra régler son dû, aura droit au chômage. Le petit patron, lui n’aura droit à rien. S’il n’est que ruiné, ça peut encore aller mais s’il a des dettes envers les organismes sociaux ou le fisc, il n’est pas sorti de l’auberge. L’employé, sera considéré comme une victime, si le marché de l’emploi le permet, il retrouvera un poste. Un passé d’entrepreneur ne facilite pas la soumission. De plus, l’échec sur lequel il reste, même s’il n’a pas trop de conséquences sur sa bonne humeur, fait qu’un éventuel

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