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Villefranche-sur-Saône : une salle réservée aux femmes dans une auto-école. Bientôt partout en France ?

De Virginie Vota Chargée de mission,
. Société
20 août 2016
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Virginie Vota Chargée de mission
Virginie Vota Chargée de mission

Le 22 août 2016 ouvrira la première auto-école « non mixte » à Villefranche-sur-Saône, dans le Rhône : femmes et hommes suivront séparément, dans deux salles distinctes, leurs cours de code avec un professeur du même sexe.  Informé par les réseaux sociaux, le maire Bernard Perrut, membre du parti Républicain, a publié un communiqué dans lequel il s’insurge de l’initiative au nom des « valeurs de la République, [de] l’égalité homme-femme, et [de son] opposition à toutes les formes de communautarisme ».

La gérante de cette future auto-école, Sarah Bakar, ne s’attendait pas à une telle polémique. « Pas de bol », comme dirait François Hollande, le projet tombe en plein milieu du débat sur le burkini. Interrogée par BFM TV, elle dément toute considération religieuse : « Vu la demande que j’avais, qui était assez impressionnante, de filles qui voulaient être toutes seules notamment parce que les garçons sont chahuteurs, font beaucoup de bruit » [1].

Les « zones réservées aux femmes » se multiplient en Europe. Qu’en penser ? En Suède, le festival culturel de Göteborg vient d’en instaurer une. N’oublions pas que cette année, à deux reprises lors de festival musicaux, une trentaine de jeunes filles de 12 à 18 ans avaient été agressées ou violées par des réfugiés. Rappelons également qu’en réponse aux milliers d’agressions sexuelles lors du Nouvel An par les migrants, des wagons de train exclusivement féminins avaient créés à Cologne… En juin 2016, l’Angleterre amorçait déjà la tendance lors du festival de Glastonbury en regroupant, avec une délicate nuance, « toutes les personnes s’identifiant en tant que femmes » dans une zone intégrée à celles des « queer et transgenre », pour marquer leur opposition à ce « monde qui est toujours gouverné et pensé principalement par et pour les hommes ». Naître femme nous donnerait visiblement le privilège d’être parquée dans un enclos avec les « minorités ».

Comme je l’écrivais dans un article pour Boulevard Voltaire [2], Bordeaux pratiquait la même politique avec des associations telles que Le Labo Décolonial, qui calcule le degré de discrimination d’un l’individu en additionnant des critères (sexe, ethnie, religion, classe sociale) associés à « la minorité » : plus on en cumulerait, plus les revendications communautaires sembleraient légitimes.

Une logique tordue de « discrimination positive » fondée sur l’exclusion sociale de l’homme blanc hétérosexuel ou du chef de famille, catholique de surcroît –espèce en voie de disparition.

Pourtant, il convient de rabâcher un fait indéniable, pour tempérer un petit peu ces informations : le harcèlement quotidien subit par les femmes dans les transports en commun.

Nous ne parlons pas ici du « harcèlement de rue » de Marion Séclin, qui s’offusque du moindre compliment lorsqu’elle se déplace « d’un point A à un point B », mais du sentiment d’insécurité justifié, des injures, des regards haineux, des insultes, des coups, des humiliations, des agressions et pire encore. Ce climat délétère, que les Parisiennes connaissent bien, se répand dans toutes les régions de France, puisque les campements sauvages et la jungle de Calais sont progressivement démantelés : loin de disparaître comme par magie, les migrants sont gracieusement installés aux frais de l’Etat dans des appartements aux quatre coins de notre pays. Ainsi par exemple, l’Aquitaine en accueillera 46 000 d’ici deux ans, dans de petites communes à quelques kilomètres de l’océan. Réputée pour sa plage et ses nombreux sites touristiques, capitale du vin avec ses vignobles, le décor change progressivement de couleur. Le climat aussi –et, je vous l’assure, même dans certains quartiers calmes, il est désormais mal vu d’être femme.

Instaurer des « zones de non-mixité », quelle que soit la raison, n’est certes pas la solution. Tout au plus s’agit-il de communautarisme, discrimination, victimisation ou encore diabolisation de l’homme blanc, ce nuisible ; pour le moins concédons que les femmes ne se sentent pas, à juste titre, en sécurité depuis quelques années : quoi qu’il en soit, ne faudrait-il alors pas prendre le problème à la source –et surtout à bras-le-corps, devrait-on dire ?

Jamais vérité ne sortira d’un postulat erroné ! Sans franchise, le débat restera toujours à côté de la plaque. Il faut donc admettre que les femmes ne redoutent pas les hommes –bien au contraire ! Français et Françaises n’ont-ils pas, plus que jamais, besoin l’un de l’autre ?

Non, elles ne redoutent pas le Français de souche, l’homme traditionnel, l’homme d’honneur qui, -elles l’espèrent, justement !- prendra leur défense dans le métro, mais les envahisseurs ou les racailles, qui ne s’assimileront manifestement jamais à notre culture… parce qu’il faut bien l’admettre en lisant les actualités, n’en déplaisent aux bobos, aux Charlies, aux quadras et quinquas non concernés par ce problème, notre expérience quotidienne sur le terrain le confirme : ceux qui nous agressent sont « toujours les mêmes ». Tant pis pour les amalgames !

NOTES :

[1] Article de J.C. avec Anne-Sophie Warmont et Florent Bonnard, « Villefranche-sur-Saône: une auto-école avec une salle réservée aux femmes fait polémique », publié sur BFMTV.com le 19 août 2016 :  http://www.bfmtv.com/societe/villefranche-sur-saone-une-auto-ecole-avec-une-salle-reservee-aux-femmes-fait-polemique-1027505.html

[2] Virginie Vota, « « Zones réservées aux femmes » : la solution contre les agressions sexuelles » publié sur Boulevard Voltaire le 03 août 2016 : http://www.bvoltaire.fr/virginievota/zones-reservees-aux-femmes-la-solution-contre-les-agressions-sexuelles,273762

 

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