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Nous avons besoin de patriotisme pour sauver la France

De Ivan Blot, homme politique, essayiste, écrivain.,
. Société
21 septembre 2016
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Ivan Blot, homme politique, essayiste, écrivain.
Ivan Blot, homme politique, essayiste, écrivain.

Le patriotisme n’est pas « une idéologie » comme le socialisme, par exemple. Il ne repose pas sur une analyse intellectuelle de la société dans la prétention de la réformer par le haut. Le patriotisme a un socle affectif, et c’est pourquoi il est un moteur, une source d’énergie primordiale.

Depuis que les hommes existent, ils ont montré qu’ils étaient prêts à mourir pour leur famille, pour leur patrie ou pour leur dieu. Staline lui-même, communiste et athée, fit appel à l’amour de la mère patrie, la Sainte Russie, pour mieux lutter contre Hitler. Il n’a pas appelé, à l’heure d’un péril mortel, à combattre pour sauver le socialisme !

Autre exemple, celui du général De Gaulle lorsqu’il fonde le mouvement de résistance à l’occupation allemande, « la France libre ». Il refuse tout d’abord de lui donner comme devise « Liberté, Egalité, Fraternité », devise trop politique et intellectuelle à son goût. Il choisit « Honneur et Patrie » et cette devise restera la devise officielle pendant un an.

Aujourd’hui, devant le défi de l’islamisme révolutionnaire, se réclamer de la République, de la liberté ou de la sécurité sociale a un côté assez dérisoire. Face au fanatisme de soldats djihadistes qui ne craignent pas la mort au nom de leur Dieu, il faut en appeler au Sacré. Les Soviétiques appelèrent la guerre contre Hitler « la guerre sacrée ». Le patriotisme comporte cette composante du Sacré. L’hymne de la République française comporte dans un de ses refrains les paroles : « amour sacré de la Patrie ». Le poète n’a pas écrit : « amour sacré des droits de l’homme » ! L’hymne de la IIe République (1848-1852) montre la valeur incarnée et non abstraite de la patrie : « Allons dit le soldat aux armes ! C’est ma mère, je la défends ! »

On ne peut pas écrire : la Déclaration des droits de l’homme est ma mère, ou même la Liberté est ma mère. L’abstraction reste l’abstraction et vouloir en faire un dieu mène au massacre, comme on l’a vu notamment avec les Révolutions française et russe, ou plutôt jacobine et bolchevique ! Le grand poète romantique Friedrich von Schiller, auteur des tragédies La Pucelle d’Orléans et Guillaume Tell, a écrit que la barbarie se manifeste lorsque les principes abstraits ruinent les sentiments humains. C’est exactement ce que nous connaissons dans la France d’aujourd’hui :

Un député veut interdire les crèches dans les mairies à Noël, une Cour de justice européenne veut interdire les crucifix dans les écoles, le mot « Patrie » est banni du langage politique. Les sentiments traditionnels doivent céder la place à la froideur des seuls principes juridiques abstraits du style de l’interdiction de toute discrimination (sauf par l’argent, bien sûr). Notre société est froide, incapable de réchauffer les cœurs, même lorsqu’il s’agit de la défendre. Seule une compassion de façade est tolérée et il est bien vu de se comporter comme les pleureuses que l’on payait à Rome sur le passage d’un défunt !

Patriotisme et idéologie

Il faut donc bien distinguer le patriotisme d’une idéologie politique moderne. Le patriotisme est quelque chose de bien plus ancien que l’idéologie. Si la patrie est notre mère, et si l’on lui doit notre langue maternelle, notre culture, nos valeurs, notre raison de vivre, elle est nécessairement plus importante et plus « naturelle » que n’importe quelle idéologie. On ne doit pas au libéralisme ou au socialisme notre langue et notre culture. Au contraire, ces idéologies utilisent notre langue et notre culture pour s’exprimer. Le patriotisme, amour de la patrie, engage tout l’humain dans l’homme : raison, sentiment et instinct. L’idéologie est avant tout intellectuelle et froide. Elle pousse à sacrifier les sentiments humains. Elle prétend définir sa morale face aux traditions et vise la vertu à sa manière. Dans sa forme révolutionnaire qui autorise la violence, elle va identifier la vertu et la terreur : c’est Robespierre, Staline, ou même Hitler. Dans sa forme modérée, elle récuse la violence brute mais s’efforce d’étouffer toutes les traditions qui font obstacle à son schéma de société. L’idéologie porte en soi un ferment plus ou moins grand d’inhumanité.

Politiquement, l’idéologie divise alors que l’amour de la patrie rassemble. L’idéologie peut faire passer l’intérêt étranger avant l’intérêt national. L’idéologue se méfie du patriotisme car il considère que l’allégeance à l’idéologie doit passer avant toute autre fidélité, patriotique ou religieuse, ou familiale.

La cause finale de l’amour de la patrie relève de la tradition. C’est une valeur ancienne léguée par les siècles et qui n’a pas été inventée par un petit père du peuple. Les peuples patriotes ont plus de chance de survivre dans l’histoire que ceux qui ne le sont pas. Les idéologies passent et le patriotisme demeure. On parle de la France éternelle. Il est plus difficile de parler du communisme ou du libéralisme éternel. L’histoire montre le caractère transitoire des idéologies. Parler de libéralisme ou de communisme au Moyen Age n’a guère de sens. De ce point de vue, Marx n’avait pas tort : il y a une histoire des idéologies et celles-ci émergent, se développent et meurent sur des périodes moyennement longues.

La cause finale d’une idéologie est le produit d’une construction. On « construit », ou l’on croit construire, la société socialiste ou bien la démocratie. Mais une démocratie fondée sur une tradition ancienne, comme c’est le cas en Suisse, est bien plus solide et efficace qu’une démocratie imposée de l’extérieur ou par une révolution, quelle que soit sa couleur, orange, grise, brune ou rouge. Cette dernière est d’ailleurs souvent une démocratie purement formelle, qui masque la réalité politique de l’oligarchie.

On peut comme Heidegger utiliser la méthode aristotélicienne pour décrire le monde de l’idéologie et le monde du patriotisme avec les quatre causes représentées dans les graphiques qui suivent : la cause finale à gauche, la cause formelle au-dessus, la cause efficiente à droite et la cause matérielle en bas.

Le monde de l’idéologie

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