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Et si le prochain président était le dernier de la Vème République ?

De duff Blogueur, leblogduduff.wordpress.com
. Politique
4 novembre 2016
22 Vues
duff Blogueur leblogduduff.wordpress.com
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leblogduduff.wordpress.com

Un soir, comme tout automobiliste parisien coincé dans les embouteillages, merveilleusement encouragés par la formidable politique progressiste parisienne sensée combattre les méchantes émissions de CO2 des vilaines voitures en oubliant que la congestion du trafic amplifiait le phénomène, je naviguais entre les différentes radios dans l’espoir totalement vain d’entendre enfin des analyses moins superficielles que d’ordinaire. Hélas entre 19 et 20h, l’intelligence n’a que rarement sa place sur les ondes hertziennes françaises. Il se produit un événement assez rare pour en témoigner : voici qu’un invité de l’émission « on refait le monde » sur RTL lâche ce qui m’a paru être une bombe…

D’ordinaire cette émission axe ses sujets sur les aspects les plus superfétatoires et navrants de la politique en invitant régulièrement des personnalités issues de l’extrême gauche. A ma connaissance, seuls les GG de RMC invitent encore Gilbert Collard pour équilibrer le temps de parole entre des esprits raisonnés de toutes sensibilités et des paléo-marxistes (y compris des soutiens du FN) alors que dans les urnes les équilibres ont été chamboulés comme jamais depuis déjà quelques années… Face au constat évident que la gauche ne s’est jamais questionnée face à la dissymétrie de traitement médiatique et politique entre la connivence vis à vis des extrêmes entre la gauche et la droite, pas plus que sur ses déroutes électorales après avoir exercé le pouvoir pendant 5 ans (1986/1993/2002) les socialistes s’évertuent à persister dans l’erreur. Voilà qu’on apprend que la sénatrice communiste évoluant sous un faux nez Marie-Noëlle Lienemann a recueilli les parrainages nécessaires pour participer à la primaire de gauche. L’existence même de cette primaire n’est que l’aboutissement de l’absence d’autorité du président Hollande sur sa majorité et de son échec complet à convertir le PS à un minimum de réalisme économique qu’on appelle délicatement social-démocratie (il faut toujours caser le mot magique « social » comme dans « social-libéralisme »). Jean-Luc Mélenchon dont je ne partage aucune idée a eu un mérite, courage même devrais-je dire, claquer la porte et de faire vivre ses idées collectivistes hors de la maison mère de la duperie: les élus PS se font élire sur des propos démagogues mais sont toujours rattrapés par la réalité et les contraintes de la gestion, qu’elles viennent des marchés financiers qui sanctionnent les politiques anticapitalistes ou des engagements européens qu’on promet fallacieusement de renégocier. C’était pourtant selon moi la seule vertu du quinquennat Hollande, tenter d’enfin, avec des décennies de retard, convertir la gauche à l’économie de marché, au capitalisme et aux bienfaits de la mondialisation des échanges. La mondialisation a toujours existé mais à l’ère du digital elle s’est accélérée et comme par hasard seuls les états occidentaux les plus démocratiques et libres en ont profité et les plus collectivisés en ont pâti… Le SPD allemand avait fait à Bad-Godesberg ce travail en 1959, et depuis, bien qu’il existe un parti extrémiste à gauche qui fédère toutes les chapelles marxistes, Die Linke, il ne pèse rien.

L’intervenant renversant de RTL était Yvan Levaï, un exemple typique de cette gauche qui se croit tout permis y compris de ne jamais s’exiger à elle même ce qu’elle reproche au « camp d’en face ». Chirac a pourtant définitivement tranché la question en 1988, aucune alliance avec le FN. Nicolas Sarkozy est accusé de draguer des électeurs retournés au Front National depuis son échec de 2012? Voilà qui n’a aucun sens si on se penche sur les motivations profondes de ces électeurs délaissés qui ne se limitent absolument pas aux questions liées à l’immigration mais bien davantage au délabrement inquiétant des fonctions régaliennes de l’état. Une fois passées les psalmodies récurrentes de la gauche qui reproche à la droite de ne pas être de gauche, Levaï lâche une bombe, c’est à dire un constat clinique sur la situation misérable de la politique française : la gauche est en débris, la droite est en proie à des querelles intestines avec en germe des dissidences futures et meurtrières, et ceux qui votent – ils sont de moins en moins nombreux – se portent de plus en plus sur des populistes assoiffés de protection que l’état n’apporte plus et qu’il n’a historiquement jamais apporté. Levaï a l’honnêteté d’oser avouer que le futur président sera si mal élu qu’il peut bien être le dernier président de la Vème république. Il est possible qu’il dise ceci en se résignant à l’idée que le prochain président ne sera pas de son bord mais le fait est qu’il sera très mal élu, probablement face à la candidate FN.

L’an prochain et malgré les sondages, le candidat sorti vainqueur de la primaire ne fera guère plus que le FN au premier tour et certainement moins en cas de candidature dissidente qui assurerait la seconde place au candidat socialiste. A moins que le PS ne finisse comme le Pasok grec! Pas exclu avec un président à 4% d’opinions favorables et avec une inversion factice de la courbe du chômage et une récession probable à venir en 2017… De toutes évidences une crise institutionnelle pointe le bout de son nez, un président mal élu et face à des syndicats qui ont répété avec la loi travail ce qu’ils auront à faire l’an prochain n’aura jamais le temps d’avoir des résultats apaisants pour 2022. D’ailleurs ce président que je ne nomme pas, tant je ne me résous pas à l’idée qu’il s’agisse forcément d’Alain Juppé candidat pour un seul mandat dit-il pour contrer l’argument sur son âge défavorable, héritera des engagements clientélistes du président actuel en plus de cette situation explosive. Le clivage droite/gauche existe toujours, il vient se greffer dessus ce nouveau clivage à l’intérieur même des principaux partis de gouvernement ce que Charles Gave appelle l’affrontement entre les gens des arbres (enracinés et perdants de la mondialisation pas forcément de droite) et les gens qui scient les arbres pour en pirogue explorer l’atoll d’à côté (des gagnants de la mondialisation, des élites mondialisées pas forcément de gauche).

Les pays occidentaux qui s’en sortent le mieux dans l’accélération de la mondialisation sont sans surprise ceux dont la démocratie n’a pas été corrompue par les multi-nationales et où les hommes politiques rendent encore des comptes aux électeurs. Compte tenu du caractère monarchique des institutions actuellement en place en France et de la combinaison entre la corruption des élites, au moins sur le plan intellectuel, et de ses dévoiements, notamment avec le quinquennat, qui réduit toute la vie politique à l’élection tous les 5 ans d’un tyran plus ou moins éclairé, La Vème république est agonisante. Je ne vois personne présenter un bilan honorable en 2022 ce qui signifie qu’en clair je pense que nos institutions sont en train de mourir à petit feu devant nous. Les jours et les mois de la Vème sont comptés, non pour une VIème communiste voulue par les partisans de Mélenchon. Nous entrons surtout dans temps troublés où les idées libérales ont subi un tel assaut médiatique défavorable qu’il est peu probable qu’on s’en sorte aussi bien et aussi rapidement qu’au cours de nos effondrements précédents. Accrochez-vos ceintures.

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