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Faire payer l’entrée des églises comme le suggère Stéphane Bern conseiller de Macron est une idiotie sans nom

De Jonathan Sturel, jonathan-sturel.blogspot.fr
. Politique
17 novembre 2017
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Jonathan Sturel
Jonathan Sturel
jonathan-sturel.blogspot.fr

Le président Emmanuel Macron a chargé l’animateur de télévision Stéphane Bern de mener une réflexion sur la préservation du patrimoine français. Depuis quelques jours, les médias relaient l’une des idées de Bern, qui est de faire payer l’entrée des cathédrales pour générer, par ce biais, une nouvelle source de financement dédiée à l’entretien des édifices. Une idée qui n’est pas née hier : dans son livre la Grande Pitié des églises de France, paru en 1914, Maurice Barrès menant campagne contre l’abandon des édifices religieux après la loi de Séparation, explique qu’il s’est régulièrement vu répondre, notamment par des maires anticléricaux, que ceux qui voulaient sauver les églises de la ruines n’avaient qu’à installer, à l’entrée de chacune d’elles, un système d’entrées payantes avec portiques adaptés. De cette manière, l’argent public était soustrait d’une destination qui ne lui convenait plus depuis que la loi de 1905 avait renvoyé la religion catholique (la première et seule véritablement visée par cette mesure) aux oubliettes.

Parmi les principaux problèmes que pose l’idée de Bern, il s’en trouve au moins un qui a une dimension morale : en faisant payer l’entrée des cathédrales, nous admettons frontalement qu’elles ne sont plus des édifices dédiés au culte et à la Foi, mais des musées, c’est-à-dire exactement des lieux où sont réunis des témoignages du passé, exposés à la curiosité des passants qui payent à l’entrée du bâtiment un droit de regard sur l’ancien temps. Nous venons y observer, admirer parfois mais toujours comme des reliques d’antan, les vestiges d’un temps révolu et étrange où des gens venaient sur ces dalles de pierre, entre ces murs vertigineux, faire des choses insolites et loufoques, comme prier un Dieu, prier pour l’âme des défunts ou pour confesser ses fautes. Je crains que cet état d’esprit ait davantage de facilités à s’installer logiquement dans la tête des gens dès lors qu’en leur faisant payer l’entrée de la cathédrale, nous les conditionnons à les voir comme des musées n’ayant d’autre projet que celui de montrer de l’histoire. Or, si la crise morale que traverse la France et l’Europe s’accentue d’année en année, c’est précisément parce que nous voyons la religion, comme ensemble de valeurs et de vertus et comme institution, comme enfermée dans un passé dont on prétend devoir s’affranchir par modernité et par progressisme.

Un autre gros problème qui pose la proposition de Bern est d’ordre comptable. Tant que la cathédrale est une fulgurance patrimoniale, qu’importe sa fréquentation puisque sa fonction est de témoigner d’un rayonnement particulier. Nous ne mesurons l’intérêt que nous devons porter à ces sublimes monuments qu’à l’importance de leur prestige, non seulement historique et architectural, mais également culturel ; et précisément cette importance est indéfinissable, incalculable, intemporelle finalement. Dès lors que nous faisons payer l’entrée, nous nous munissons d’un outil de mesure qui rompt avec cette intemporalité, et lui substitue le très technique bilan comptable qui, lui, peut devenir à terme l’outil de mesure par lequel nous définirons notre degré d’intérêt pour ces édifices. Et si ce bilan devait ne pas satisfaire quelque attente strictement économique, nous pourrions en faire l’argument d’un désintérêt prochain, et Dieu sait ce qui adviendrait d’édifices religieux dont on aurait décidé, après les avoir muséifiés, qu’ils ne sont pas économiquement viables… !

L’argent public, c’est-à-dire l’argent des Français, que l’on dépense allégrement pour perfuser la presse, pour financer l’art contemporain au travers de subventions folles, également accordées au titre de la « création » à quantités d’associations improbables, remplirait une fonction plus saine et plus favorable à l’épanouissement des forces morales du pays s’il se réservait, pour partie, à des priorités au catalogue desquelles nos édifices religieux doivent évidemment figurer en tête de liste.

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