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ALGERIE 1

50 jeunes « franco-algériens » ont quitté la France pour l’Algérie, et 400 000 algériens quittent l’Algérie pour la France

De Manuel Gomez, Journaliste, Ecrivain
. Société
16 avril 2018
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Manuel Gomez Journaliste, Ecrivain
Manuel Gomez
Journaliste, Ecrivain

Et si Marwan Muhammad avait raison ? 50 jeunes sont partis en Algérie…

Et 400.000 arrivent cette année !

Le 19 mars j’écrivais, mon appréhension devant la menace des jeunes musulmans de quitter la France à cause de l’islamophobie du président Macron.

Or, j’apprends, que bien que des milliers d’Algériens tentent, quelquefois au péril même de leur vie, de quitter l’Algérie par tous les moyens pour pénétrer clandestinement sur le territoire français et échapper ainsi au marasme de leur pays et à un avenir qui leur semble totalement bouché et même risqué, compte tenu de l’incertitude politique du lendemain et des risquent d’affrontement religieux qui se précisent, voilà que, dans le sens inverse, quelques Algériens, hélas fort peu nombreux, font le chemin contraire et il me semble nécessaire de les y aider de mon mieux et, pourquoi pas, d’accélérer, autant que faire se peut, ce mouvement original.

Ils sont actuellement des dizaines de jeunes émigrés, nés ou installés en France, à solliciter des deux principaux organismes officiels de soutien aux microentreprises, l’ANSEJ (Agence nationale de soutien à l’emploi des Jeunes) et la CNAC (Caisse Nationale de l’Assurance Chômage) l’obtient d’un financement afin de réaliser leurs projets d’installation en Algérie.

A la date du 22 mars 2018, le ministre du Travail, Mourad Zemali, estimait leur nombre à une soixantaine (50 dans le cadre du dispositif ANSEJ, réservé aux moins de 35 ans, et 10 pris en charge par la CNAC, pour les 35/50 ans).

Il s’agit d’une goutte d’eau, vu le nombre total des créations de microentreprises : 370.000 pour la seule ANSEJ, presque insignifiant, mais n’est-ce pas par une première goutte d’eau que l’on remplit une baignoire, puis une piscine ?

Les autorités algériennes ne désespèrent pas de voir ce robinet s’ouvrir davantage et, pour cela, ce même ministère annonce de nouvelles mesures destinées à faciliter ces créations.

Lors de sa visite à Paris, en décembre 2017, le premier ministre, Ahmed Ouyahia, a déclaré vouloir accélérer ce processus en accordant davantage de facilités aux Algériens établis à l’étranger car, jusqu’à présent, le parcours étaient semé d’embuches.

Il a été décidé de supprimer notamment le document attestant la situation de chômage, d’ouvrir des agences bancaires afin de faciliter les transferts des sommes exigées comme apport personnel et, surtout, la possibilité d’effectuer directement toutes les démarches en ligne, via un portail dédié à cet effet.

Toutes ces décisions prises pour réduire au maximum « Les sempiternelles tracasseries administratives » qui, jusqu’à aujourd’hui, ont rebuté, paraît-il, de très nombreux candidats « au retour vers le pays ».

Il faut que cela se sache ! Il est nécessaire que les autorités algériennes soient pleinement conscientes que ce sont ces difficultés énormes qui rebutent tous ces milliers de « volontaires » et qu’il est de leur devoir d’encourager « ces retours », comme il est du nôtre de les y aider en les informant régulièrement et le plus souvent possible.

Le Salon de l’emploi d’Alger, organisé par les autorités pour permettre, justement, de mieux valoriser les différents dispositifs d’aide aux jeunes porteurs de projets, et une opportunité de mieux les faire connaître.

C’est ainsi que nous retrouvons Adil, diplômé d’une grande école de commerce française, né en France et qui, en 2004, âgé de 27 ans, a pris la décision, longuement réfléchie, de tenter sa chance dans le pays d’origine de ses parents. Il a quitté Bordeaux, qui est, paraît-il, la ville de France où il fait le « mieux vivre », pour créer une fabrique alimentaire à Tlemcen.

Adil estime que ce pays a une situation géographique, au carrefour de l’Europe et de l’Afrique, qui a un potentiel d’exportation très intéressant. Ce n’est pas nous qui le contredirons, bien au contraire !

C’est le cas également de Zakaria, 33 ans. Il n’est pas né en France mais à Tipaza. Ses parents avaient émigrés dans les années 90, à cause de l’insécurité du pays. Zakaria a étudié le photovoltaïque et, quand il a découvert que son projet, situé à Cherchell, pouvait être presque entièrement financé, il a foncé malgré les tracasseries inhérentes à tout projet d’investissement. « A ma connaissance, affirme-t-il, aucun pays n’offre de telles facilités aux jeunes pour lever des fonds et créer des entreprises. »

Nous en sommes persuadés et souhaitons que nombre de jeunes suivent son exemple.

Le retour aux sources est souvent une motivation première, c’est le cas de Messaouda, 47 ans. Elle a décidé de retrouver le pays de son enfance. Elle a toujours eu la sensation d’être déracinée et, à présent, elle entend faire partager sa passion pour la plongée sous-marine en ouvrant une école à Tenès.

Messaouda était installée à Nice, responsable des ressources humaines d’un groupe automobile. « Mon entourage avait peur pour moi, en tant que femme, peur que je ne sois pas libre. Je ne me suis jamais sentie aussi libre qu’ici ! ».

Voilà une affirmation qui devrait réconfortée les femmes « voilées » en France ; elles pourront vivre « sans voile » en Algérie, qu’elles se le disent !

Mais comment réagissent les Algériens ? « On rencontre parfois un rejet de la part de certaines personnes qui pensent qu’on vient « manger leur pain » (Tiens donc !). L’intégration n’est pas forcément facile, surtout si on ne maîtrise pas l’arabe par exemple. Même dans ce pays, que l’on considère comme le sien, des efforts pour réussir son intégration sont nécessaires car les mœurs et coutumes sont différentes. Mais, surtout, il ne faut pas que cela décourage les « courageux », bien au contraire ! »

Nous sommes totalement de cet avis !

Tous partagent la même ambition : prouver que l’on peut réussir dans son « propre pays d’origine ».

Leur aventure mérite d’être connue et, nous l’espérons, suivie par de très nombreux jeunes, actuellement en France, et qui ne se sentent pas totalement intégrés, qui vivent mal leur jeunesse et n’aperçoivent aucun débouché, aucun avenir : aujourd’hui l’Algérie les attend, les espère même, ne la décevez pas !

 

 

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