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émeute banlieue

Pas de plan Borloo pour les banlieues : mais des arrestations, des condamnations, des expulsions ça oui !

De Manuel Gomez, Journaliste, Ecrivain
. Société
7 mai 2018
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Manuel Gomez Journaliste, Ecrivain
Manuel Gomez
Journaliste, Ecrivain

Il faut que cela se sache. Il faut que cela soit dit. Il faut que cela soit fait.

Ce « nouveau » plan Borloo pour « réparer et redynamiser les quartiers oubliés de la République » n’est qu’un « coup d’épée dans l’eau »

1977 – Réhabilitation de 53 cités HLM dégradées. Le ministre de l’Intérieur, Jean-Pierre Chevènement, annonce la création d’une police de proximité pour « contrer les violences urbaines ».

1981 – Création de ZEP (Zones d’Education Prioritaires) pour lutter contre l’échec scolaire. Plusieurs millions alloués aux établissements.

1983 – Lancement du plan « Banlieue 89 », par l’architecte socialiste Roland Castro. Objectif : désenclaver les banlieues et redonner une « couleur » aux citées (voir 1977).

1996 – Mise en place de 30 ZFU (Zones Franches Urbaines) par Alain Juppé : avantages fiscaux aux entreprises qui s’y installeront afin de favoriser l’emploi au sein des quartiers minés par le chômage.

1999 – Programme de rénovation urbaine et de solidarité : 20 milliards investis sur 6 ans pour éviter les « ghettos ». Après ce premier programme, mis en place par Lionel Jospin, second plan de 5,4 milliards supplémentaires sur 5 années.

2005 – Jean-Louis Borloo, déjà, lance un programme national de rénovation urbaine (PNRU). But : Refonder le parc de logement locatif social, destruction des logements vétustes et construction de nouveaux bâtiments : coût 46,5 milliards en 10 ans.

2008 – Plan « Espoir banlieues » par Fadila Amara, chargée de la politique de la ville : un milliard investi dans 215 quartiers. 4000 policiers affectés dans les quartiers sensibles.

2013 – Le gouvernement Ayrault se concentre sur la politique de la ville et plus précisément sur 1300 quartiers prioritaires (500 millions par an). Mise en place d’un dispositif d’emplois francs qui alloue 5000 euros à chaque nouvelle embauche d’un jeune, non diplômé, issu de ces quartiers.

2015 – Manuel Valls condamne « l’apartheid » (déjà) présent dans certains quartiers et demande la construction de logements sociaux dans toutes les communes qui n’atteignent pas le quota de 25%.

Où en sommes-nous en 2018, après 40 années de « Plan pour les banlieues » ? Pas au même point qu’en 1977 mais bien pire.

Des milliards de francs, puis d’euros, gaspillés en pure perte et pas la moindre amélioration, bien au contraire, de 53 quartiers dégradés, en 1977, nous sommes passés à 1300 quartiers sous contrôle des dealers délinquants en 2013.

Il ne se passe pas un jour sans qu’un fait divers sanglant ne se produise dans l’un de ces quartiers de « non droit ». La liste serait trop longue à énumérer et cela malgré les ordres préfectoraux de ne pas les signaler dans les médias.

Et voilà que l’on rappelle Jean-Louis Borloo…le sauveur de 2005 !

La première ligne de son rapport pouvait laisser espérer qu’il avait compris : « L’heure n’est plus aux rapports d’experts, l’heure est à l’action. ». Bravo, j’applaudis.

Mais il n’en est rien, il remet un énième rapport avec 19 programmes et un coût de plusieurs milliards.

Et pourtant il a raison : l’heure est à l’action. Non pas à l’action qu’il préconise mais à l’action véritable, à l’action musclée, à l’action des forces de l’ordre, à l’action qui ramènera la vie sociale dans ces quartiers livrés à la délinquance, où la racaille fait régner la menace et la terreur.

Au lieu d’entendre ce brave, mais dépassé, Borloo, écoutez ceux qui connaissent vraiment les banlieues, écoutez un Malek Boutih par exemple, cet ancien élu PS et président de SOS Racisme : « La priorité des priorités est de rétablir l’ordre républicain dans tous les territoires qui vivent en marge de la République. Aucun plan ne peut s’appliquer, aucun résultat ne peut être espérer, si la situation reste à l’identique, bien au contraire, la fracture, déjà terrible, va continuer à s’aggraver. »

Malek Boutih ne se trompe pas : les quartiers doivent être normalisés, rendus aux citoyens, au peuple.

Ces quartiers n’ont plus aucune espérance. Ils sont « gangrenés » par la violence et tous les efforts, d’où qu’ils viennent, seront inopérants.

Les habitants de ces quartiers ne croient plus à l’Etat, ne croient plus à la justice, ne croient plus à la police.

Ce n’est qu’à l’instant où l’ordre républicain sera rétabli qu’il sera possible d’envisager des mesures mais aujourd’hui cela est inimaginable.

Un plan de 48 milliards…que du vent. Il finira aux oubliettes, comme les précédents : quelques millions pour quelques quartiers pilotes, les moins dangereux puis « hop » attendons le prochain plan pour 20.. ?

Le diagnostic est pourtant simpliste : nettoyage (pas au karcher, comme cela avait été promis par Sarkozy, une de ses promesses non tenues !) par les forces de l’ordre, par les gendarmes et même par l’armée, si nécessaire (comme réclamé par Samia Ghali) de toutes les zones de « non droit ». Interpellations, arrestations et condamnations de tous les dealers et leurs équipes de surveillants, tous ceux qui narguent la police, et placement en détention puis expulsion immédiate des étrangers. Retrait de la nationalité française à tous les condamnés, puis expulsion à l’issue de leur peine.

Ce sera seulement quand ces quartiers, ces zones, seront « nettoyés ». Ce sera seulement quand les « juifs », les « chrétiens » et les Français de quelques origines qu’ils soient, quand les enfants pourront rejouer dans les parcs et les femmes circuler en toute sécurité, qu’il pourra être envisagé d’investir quelques milliards dans la rénovation et la construction de tout ce qui a été dévasté par la « racaille ».

 

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