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Marche contre l’antisémitisme : Pourquoi on ne désigne pas les vrais coupables ?

De Corto74 Blogueur corto74.blogspot.fr/,
. Politique
18 février 2019
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Corto74 Blogueur corto74.blogspot.fr/
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Une marche contre l’antisémitisme et les moulins à vents

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A l’initiative de ce qui reste du PS une grande marche contre l’antisémitisme (encore une) est organisée mardi 19 février à Paris. En tout, 14 partis politiques seront présents. Le Rassemblement National n’a pas été invité, sans doute la bande à Hamon a-t-elle estimée qu’il y avait trop de nazillons chez la Marine. La France Insoumise y sera, y sera pas, on ne sait pas trop. Quant à Debout la France, ils s’abstiennent, évoquant non sans raison une récupération politique.

Une marche contre l’antisémitisme, c’est chouette non? Il faut que cela cesse, n’est-ce pas… « Jamais nous n’accepterons la banalisation de la haine » qu’il dit le communiqué, « l’antisémitisme, ce n’est pas la France ! » L’antisémitisme, ce n’est pas la France, ben encore heureux. D’abord parce que, qu’on le veuille ou non, la « communauté juive » de France se limite à environ 500 000 individus sur 67 millions d’habitants et ensuite  la France c’est tout plein d’autres choses: des non juifs, des cathos, des muzz, des beaux, des moches, des églises plusieurs fois centenaires et hélas, bien trop de mosquées, des villages ruraux, le multiculturalisme, la diversité heureuse (copyright Juppé), etc… la France c’est tout plein de choses, il serait donc couillon de la limiter à l’antisémitisme.

« Jamais nous n’accepterons la banalisation de la haine », là, on devrait être d’accord sauf que cela fait des années qu’elle est banalisée, la haine. Tiens, va voir dans les quartiers si les racailles aiment les babtous, ils ne les aiment pas, ils les haïssent et ce depuis des lustres. La haine de l’autre, elle est partout en France. On déteste les pédés, on hait les trans et les travelos, on n’aime pas les blacks, les blacks n’aiment pas les arabes, les pauvres détestent les riches qui le leur rendent bien, Castaner déteste les Gilets Jaunes quand ceux-ci vomissent les antifas et les keufs, le PS hait le RN et moi, je n’aime pas les muzz. Elle est partout la haine, elle est multiple, a mille visages et nous empoisonne l’existence. Un climat délétère qu’il a dit, ok, je veux bien, je suis même assez d’accord, on y revient: la haine qui s’est banalisée. On ne s’aime plus et, en partie grâce aux réseaux sociaux, on ose maintenant le dire, on ose verser sa bile, on ose haïr au grand jour. C’est sans doute cela le vivre ensemble; une réussite visiblement…

Mais revenons à cette marche, revenons à cet antisémitisme, sujet à la mode s’il en est, sujet qui ne saurait à aucun prix permettre à certains de faire de la récup, voire de manipuler l’opinion…

Une explosion des actes antisémites ? Okay, si on compare 2018 à 2017, soit 541 « actes » contre 311, mais se souvient-on qu’en 2014, il y en eut 811 ? Allez savoir si il y a corrélation mais le retour de l’antisémitisme, son « explosion », correspond pile-poil à l’arrivée de Macron au pouvoir et au déclenchement de la troisième intifada… (voir la surprenante  mais intéressante enquête de Merdapart) Enfin, bref, qui le voudra ira marcher le 19 février. Moi, non, je n’irai pas. Non pas que je sois antisémite mais, et d’une je n’aime pas marcher, et de deux je n’aime pas marcher pour des prunes. Et bé oui, hein, marcher contre l’antisémitisme, c’est bien mais quitte à faire, je préférerai marcher contre LES antisémites, contre ceux qui commettent ces actes. A croire que les tags et autres vilenies ont été déposés par l’Esprit Saint mais on n’a jamais aucun nom à mettre sur ces actes, aucun visage, personne à … crucifier. Il y a pourtant bien quelqu’un derrière ces actes. Et tant qu’à battre le pavé contre un ennemi intérieur, autant le désigner, on ne se bat pas contre des invisibles ou des moulins à vent. C’est un peu trop facile de cibler un concept, l’antisémitisme, sans désigner de coupables; un peu trop facile mais, je le reconnais, ça permet de fourguer derrière, tout et n’importe qui et ça, c’est vachement pratique: un coup je t’y mets de l’extrême droite, un coup je t’y mets de l’ultradroite, un coup je t’y met du RN ou du nazillon et tant qu’à faire et pourquoi pas, du gilet jaune. Et  ces derniers, il n’y a même pas besoin de les citer, la preuve est faite: y a manif, y a acte XIII, y a des actes et des tags antisémites, y a gilets jaunes… Tu mets Castaner à la manœuvre, Hamon en quête d’une improbable remontada politique pour secouer le truc et y a plus qu’à marcher contre l’antisémitisme. Facile et ça marche à tous les coups.

Tenez, on pourrait mettre sur une banderole:  » non à l’antisémitisme, non à Hassan Iquioussen « , ça se serait pas mal. Iquioussen (UOIF), c’est le gars qui tient conférence le 17 février à Grenoble et qui déclarait il y a quelques temps que les Juifs n’étaient que « des avares et des usuriers, le top de la trahison et de la félonie », là, on pourrait mettre un visage sur cet antisémitisme comme on avait pu le faire avec Merah ou Coulibally. Une banderole avec « non à l’antisémitisme, plus jamais de Nemmouche, plus jamais de Fofana », voilà qui serait pas mal parce que ceux-là, on le sait, ils étaient antisémites. Comment cela faut pas stigmatiser ? Les muzz ne seraient pas antisémites ? C’est Yacine Mihoub qui a assassiné Mireille Koll, pas Jean Dupont. C’est « un Africain musulman » qui a défenestré Sarah Halimi, pas un dingo de l’ultra droite.  N’y aurait-il pas, comme le souligne Merdapart, corrélation entre des poussées de tension au Moyen Orient (2001 – 2006, deuxième intifada) et la prolifération d’actes antisémites en France ? Personne ne se souviendrait que lors des manifs pro-palestiniennes de Barbès ou de Sarcelles, les tags, affiches et slogans antisémites fleurirent comme jonquilles au printemps ?

Clair qu’il est plus facile et électoralement plus rentable, même si c’est débile, de dire non à Marine ou Zemmour que de dire non aux muzz antisémites (pléonasme). Le 2 poids 2 mesures, l’indignation sélective, la manipulation, comme d’habitude. Faudrait pas non plus qu’on est l’impression que notre police ne connaît pas les coupables, elle les connaît mais chut, haro sur Zemmour, haro sur les gilets jaunes, haro sur la bête immonde qui ne demanderait qu’à rouvrir les camps mais pas haro sur les muzz ! C’est ainsi. Castaner est capable de nous dire qu’il y a eu précisément 541 actes antisémites en 2018 dont 1/3 d’agressions physiques ou verbales. Si il y a agressions, il y a victimes et celles-ci sont bien capables, j’imagine, de nous dire par qui elles ont été agressées. Levons donc toutes ambiguïtés et donnons, sinon les noms, l’appartenance ethnique ou religieuses des coupables. Ah oui mais les statistiques ethniques et religieuses, faut pas, verboten. Un peu facile et trop pratique à nouveau.

Pour éradiquer un mal, il faut savoir d’où il vient, pour combattre un ennemi, il faut le désigner par son nom, pour savoir qui veut « tuer la République et ses valeurs », il faut pouvoir identifier les criminels, faute de quoi marcher contre l’antisémitisme, c’est comme pisser dans un violon, ça ne sert à rien. Levons toutes ambiguïtés !

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