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La France de Hollande et Fabius alliée d’Al-Nosra branche armée d’Al Qaïda en Syrie

De Minurne blogueur résistant,
. Internationale
30 novembre 2015
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Minurne blogueur résistant
Minurne blogueur résistant

Mais qui est Al-Nosra, l’allié que Fabius et Hollande ont choisi pour la France dans sa lutte pour tuer Bachar el-Assad et faire un « printemps arabe » syrien, c’est-à-dire donner le pouvoir aux islamistes locaux ?

Jabhat an-Nuṣrah li-Ahl ash-Shām, appelé en Europe Al-Nosra, signifie « Front pour la victoire des Gens du Sham« . Le Sham, c’est la région qui borde la Méditerranée orientale et correspond en gros à l’ancien Levant : Syrie, Liban, Palestine et Israël. C’est un groupe armé de musulmans sunnites-salafistes qui mène le djihad pour reconquérir la région et en chasser, ou en exterminer, toutes les autres composantes religieuses qui refuseraient la soumission à leur islam rigoriste. Il est affilié depuis son origine à Al-Qaïda. Il a une base arrière au Liban, mais son implantation principale se trouve dans le Nord-Ouest syrien avec les villes d’Alep et Homs. Depuis novembre 2013, il a pris le nom de Al-Qaïda fi Biladu ash-Sham, « al-Qaïda au pays du Sham » qui inclut en plus du Levant le Sud de la Turquie, ce qui ne plait pas du tout à Erdogan !

Grâce à l’appui en argent et en armes de la France et des États-Unis, il est devenu l’un des plus importants groupes rebelles et terroristes de la guerre civile. Cet appui, il l’a obtenu en faisant croire à Obama et Hollande, fraîchement arrivés au pouvoir en 2012 en toute ignorance du Moyen-Orient et de l’islam, qu’il représentait une opposition islamique modérée à Bachar el-Assad, « bourreau de son peuple« , ce qui est aussi exact que les arguments avancés pour tuer Saddam Hussein accusé de détenir des « armes de destruction massive » et Muhammad Kadhafi accusé de vouloir faire « un bain de sang  à Benghazi« . Dans les deux cas, il y avait eu au départ la CIA et Al-Qaïda pour financer et armer les rebelles.

Al-Nosra a commencé à se constituer en force armée et politique peu après l’amnistie accordée en janvier 2011 par Bachar El-Assad à la quasi-totalité des djihadistes syriens à qui il avait infligé peu avant une sévère correction. Bachar, arrivé au pouvoir en 2000, était encore un peu naïf à la manière socialiste (il est socialiste en tant que chef du parti socialiste syrien, le Baas), et croyait, comme Valls avec les terroristes français de retour de Syrie, que pardonner aux intégristes qui avaient tenté de le renverser lui vaudrait la reconnaissance des sunnites syriens devenus majoritaires dans ce pays du vivre-ensemble laïc multiconfessionnel et multiethnique. La loi du Talion n’étant pas un euphémisme chez les sunnites, nombre des amnistiés rêvaient d’une vengeance féroce et ils en trouvèrent l’opportunité avec la venue à mi-juin 2011 d’une équipe de l’Etat Islamique en Irak qui leur proposa argent, hommes et armes. Ils se mirent d’accord et furent rejoints par des vétérans syriens qui s’étaient battus en Irak sous la bannière de l’E.I.I. qui était alors une filiale d’Al-Qaïda en Irak, financée par nos alliés et amis l’Arabie Saoudite et le Qatar.

Pour faire simple : l’Arabie Saoudite, islam sunnite de rite intégriste wahhabite, engendre Al Qaïda, qui après son succès du 11 septembre 2001 engendre Etat Islamique en Irak. E.I.I, qui conquiert le Nord de l’Irak. Pour conquérir la Syrie, E.I.I. engendre Al Nosra, islam sunnite et salafiste. Vous suivez ? Mais une fois la Syrie partiellement conquise et E.I.I. rebaptisé État Islamique en Irak et en Syrie (ISIL, acronyme arabe « Da’esh »), abrégé en État Islamique, E.I. parce qu’il se voit conquérir le monde, Al Nosrah préfère son grand-père Al Quaïda à son père E.I.

C’est à dire que, après avoir été provisoirement l’allié de son papa l’État Islamique d’Irak, au point que la fusion des deux groupes terroristes avait été annoncée, Al-Nosra s’en sépara pour redevenir, en 2013, la filiale locale syrienne de son grand-père, Al-Qaïda. À l’ONU, depuis 2014, Al-Nosra est sur la liste de la résolution 1267 des organisations terroristes rattachées à Al-Qaïda. Cela n’émeut pas le moins du monde Hollande et Fabius qui voient toujours Al-Nosra comme un bande de copains « qui font du bon boulot » (dixit Fabius). Avec une telle ignorance des réalités et un tel aveuglement, ils ne faut pas être surpris qu’ils se soient laissé rouler avec autant de facilité par ces gentils musulmans qui mitraillent, égorgent et gazent avec modération, et ne découvrent qu’aujourd’hui 10 500 djihadistes potentiellement dangereux dans les 20 000 fiches des services français de renseignement.

Parenthèse pour dénoncer un fantasme très répandu à gauche où l’on dit que le salafisme n’est pas du tout le sabre de l’islam mais une ascèse, une discipline de l’esprit visant à la perfection islamique. À C dans l’air, récemment, Roland Cayrol, dit La Voix de son maître en raison de son évidente allégeance à Hollande, soutenait encore que c’était une erreur de croire le salafisme dangereux. Le recteur de la mosquée de Bordeaux, Tarek Obrouk, peut soutenir le contraire, et à C dans l’air, Mohamed Sifaoui réclamer l’expulsion des imams salafistes et la fermeture de leurs mosquées en raison de leur extrême dangerosité, rien n’y fait, il y a encore des gens de gauche pour croire que le salafisme serait un islam « modéré ». On ne peut pas forcer à boire un âne qui n’a pas soif !

Pour l’islam soufi, que l’on ne connaît en France (et encore !) que par les derviches tourneurs, le djihad est uniquement une ascèse. Ils sont pacifistes, accueillent volontiers chrétiens et juifs et participent, s’ils y sont invités, à des messes ou au shabbat.

Le plus connus des soufis sont ceux de l’ordre mevlevi. Ils tournent sur eux-mêmes en musique jusqu’à atteindre une sorte de transe et d’extase, le « samâ », qui signifie « l’écoute », celle des deux « shayhs », des maîtres spirituels. L’un est le pendant du pape, mais il forme son successeurs de son vivant, il y en a donc toujours deux. En 2007, ils ont tenu à rencontrer le pape Jean-Paul II.

Pour l’islam chiite (Iran principalement) 10 % des musulmans dans le monde, il y a deux formes de djihad : le djihad guerrier qui recommande l’extermination de ceux qui offensent Allah, ils l’appellent « petit djihad » avec un certain mépris, mais peuvent le pratiquer si nécessaire, et le « grand djihad » qui est ascétique, mais avec moins de rigueur et de profondeur que le djihad soufi.

Pour l’islam sunnite, le djihad ascétique n’est pas absent mais il n’est que très peu pratiqué, le seul vrai djihad est le djihad guerrier violent, le salafisme.

Le problème, c’est qu’en France nous avons 95 % de sunnites (80 % dans le monde) et très peu de chiites, essentiellement des Marocains, qu’ils soient alaouites comme le roi Hassan II, hanbalites ou malékites. C’est pourquoi, de la Somalie (milices salafistes Al Shabaab) à l’Algérie (Groupes Islamistes Armés), de la Syrie (E.I., Al Qaïda et Al Nosra) à la France (salafisme diffus) le djihad salafiste est à plus de 95 % violent.

Mais revenons à notre « allié » Al Nosra. En mars 2013, le Los Angeles Times révèle que, selon le Département d’État, il est impossible de distinguer le Front Al-Nosra d’Al-Qaïda. Furieux, Le Monde, le quotidien du PS, bondit : « plusieurs témoignages recueillis dans le nord de la Syrie laissent penser que Jabhat Al-Nosra est un groupe très majoritairement syrien, autour de 80 %, sans lien organique avec Al Qaïda« . Comme disait Michel Charasse « si l’on veut ignorer ce qui se passe réellement dans le monde, il faut lire Le Monde« . Mathieu Guidère, professeur d’islamologie réputé, bondit à son tour pour contredire Le Monde en déclarant en avril 2013 que les djihadistes étrangers sont « désormais majoritaires aux deux tiers par rapport aux Syriens » au sein d’Al-Nosra. Il ajoute que ces étrangers ont modifié la mission initiale du Front al-Nosra, qui était de faire tomber le régime alaouite de Bachar el Assad, accusé par les sunnites de massacrer les musulmans salafistes, autrefois très minoritaires en Syrie, mais que le gouvernement socialiste français appelle « le peuple syrien« . Ce qu’ils veulent maintenant, c’est renverser El Assad pour prendre le pouvoir et instaurer la charia dans ce pays encore laïc, multiconfessionnel et multiethnique dans les parties de la Syrie toujours contrôlées par le pouvoir légal de Bachar, les seules où l’on trouve encore des chrétiens, des druzes, des chiites, des coptes, des araméens, etc.

Abou Bakr al-Baghdadi, le calife d’E.I. a révélé (9 avril 2013) le parrainage du Front Al-Nosra par son organisation, caché jusqu’ici « pour des raisons stratégiques et de sécurité » selon lui, et déclaré que c’est lui qui avait choisi le chef actuel d’Al-Nosra. Et c’est là que ledit chef, Al-Joulani, le trahit et annonce rallier Al-Qaïda ! En représailles, Al-Baghdadi organise des attentats multiples et meurtriers à Alep et Homs, qui tuent des milliers de civils et que l’on attribue à l’époque à Bachar El-Assad. En France, les pieds nickelés acceptent sans vérification cette version. En même temps, Al-Joulani rallie aussi le groupe Jayish al islam et intègre avec lui le Front islamique qui a des ramifications internationales et ferraille contre tout ce qui n’est pas musulman sunnite intégriste.

Le 30 mai 2013, les autorités turques annoncent l’arrestation de 12 terroristes d’Al-Nosra en possession de grosses quantités de gaz sarin qu’ils faisaient entrer en Syrie. La presse française et le Quai d’Orsay, toujours aussi bien informés, annoncent que Bachar El-Assad va bombarder son peuple au gaz ! Les SR français auraient pu dire la vérité, mais il faut savoir qu’il est très dangereux pour une carrière de fonctionnaire de dire des choses qui pourraient désillusionner Hollande, Valls, Fabius et la presse romancière de gauche. Quant à la presse, encore plus servile, elle a ramené des « preuves » données par Al-Qaïda, notamment à deux journalistes de Paris-Match. Ce n’est que récemment que des « rebelles » à Bachar El-Assad ont été pris en flagrant délit d’utilisation d’armes chimiques.

En novembre 2013, Al-Qaïda annonce qu’Al-Nosra est bien la seule organisation terroriste qui représente Al-Qaïda en Syrie. D’où l’actuelle partie de billard à trois bandes principales : l’armée nationale syrienne de Bachar el Assad – Al-Qaïda-Al-Nosra – l’Etat islamique, chacun se battant contre les deux autres. À ces trois -là, il faut ajouter quelques efflorescences marginales telles que les Turkmènes antikurdes, les Kurdes anti-E.I., le Hezbollah anti-Al Qaïda, les Peshmergas iraniens anti-sunnites, les brigades Jund al-Aqsa, Jaish al-Sunna, Liwa al-Haqq, Ajnad al-Sham et Faynad dal-Sham qui sont anti-tout-le-monde mais se laissent acheter par le plus offrant, sans oublier les soi-disant « modérés » comme le mouvement Hazm, et l’Armée Syrienne Libre-anti Bachar qui revendent les armes que leur donne la France à Al-Qaïda ou à l’E.I. suivant la meilleure offre… On trouve les djihadistes français en Syrie principalement chez E.I. et Al-Nosra.

Bref, on comprend que les intellects non formés à appréhender, comprendre et analyser des situations complexes soient perdus et, comme Fabius et Hollande, se promènent là-dedans comme « Oui-Oui chez les terroristes« .  Des Syriens déguisés en moutons modérés leur avaient dit que Bachar était le grand méchant loup, ils l’ont cru. Ont-ils compris avec le 13 novembre qu’ils se sont fait rouler ? C’est l’énigme dont nous connaitrons la solution dans les prochaines semaines, si Hollande tient ses promesses de féroce implacablitude.

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