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Le sacrifice du colonel Beltrame ne doit pas être un acte inutile

De Maurin, Philosophe, survivaliste
. Politique
16 avril 2018
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Maurin
Maurin
Philosophe, survivaliste

Le subhumanisme à l’épreuve du martyre.

Les évènements récents donnent à réfléchir sur ce qu’on peut bien qualifier d’humain et d’inhumain dans les sacrifices auxquels ont consenti le terroriste et le gendarme Beltrame. Sacrifices ultimes aux motivations antipodiques, double immolation du « loup solitaire » et de l’agneau Pascal, l’attentat de Trèbes marque par sa dimension symbolique. L’inconscient collectif du peuple en est profondément remué, mu par des archétypes puissants qui déplacent de manière décisive les piliers d’un conflit social et l’acheminent vers une guerre civile inéluctable, qui changera la face de l’humanité et l’idée que nous pouvons nous faire de ses droits et de ses devoirs.

Nous avons eu toutes sortes d’attentats terroristes depuis Merah, Charlie etc… L’ennemi n’est plus à désigner, même si la collaboration politique électoraliste participe tous azimuts à la censure de la guerre embryonnaire qui nous occupe. Dans cette guerre embryonnaire que nous vivons passivement, sans pouvoir vraiment la mener, le bon peuple français se nourrit du plasma que les idéologies hostiles et collaboratives produisent, et qui est le compromis indigne réalisé pour une paix sociale toujours relative. C’est la loi du nombre en démocratie. L’humanisme contemporain relaie cette volonté de compromis en tolérant le fascisme islamique comme une modalité de culture humaine, et en refusant d’opposer des communautés, qui, organiquement, culturellement, factuellement, s’obstruent, se frictionnent. Quand bien même une communauté se rendrait coupable à l’égard d’une autre des pires agressions de manière répétée sur plusieurs décennies, on refuserait, au nom de notre amour immodéré de tous les humains, de voir là la manifestation incarnée d’un conflit entre différents peuples (phénomène pourtant classique dans l’histoire de l’homme !). Cet humanisme de pacotille, cette tricherie éthique, veut voir toutes les cultures humaines comme égales en dignité et en qualité humaine. Tout ce que peut produire l’homme se vaut, attendu que la culture n’est plus qu’un paramètre secondaire par rapport à la déterminante du paradigme biologique qui définit universellement le genre humain.

L’humanisme biologique que nous avons hérité de Nuremberg se charge de sanctuariser les droits de tous, et supprime toute référence aux devoirs au nom desquels on se hisse au rang de l’humain par opposition à l’inhumanité. Mais cet humanisme là est mort avec le totalitarisme nazi, qui lui a fait subir la réduction eidétique la plus crue en réduisant l’Homme au subhomme biologique des camps de concentration. Un humanisme de charniers permet aujourd’hui à la bête humaine de se manifester dans ses tendances les plus sombres, de la pédophilie au fascisme islamique. Le tout-venant de l’ignominie est accueilli dans la définition de l’homme, on met des Nordhal Lelandais en cellule de soin psychologique, on conserve dans des geôles des Salah Abdeslam. C’est à croire qu’on a totalement oublié à quoi peut encore bien servir une corde.

La crise paradigmatique de l’humanisme a été amorcé par Adolf Hitler, instaurant le primat du biologique sur le spirituel, le culturel, le moral, bref, de tout ce qui définit l’homme en dehors de son code génétique et de la dissection scientifique qu’on peut faire des chaînes causales où se tissent nos tendances, nos déterminismes. En substituant à l’humain le subhumain biologique purement fonctionnel (travailler, se nourrir, dormir, mourir) le nazisme a fait apparaître la nécessité d’une administration globale agraire et industrielle des masses humaines. Avec l’introduction de la notion de crime contre l’humanité lors du procès de Nuremberg, les alliés ont repris implicitement cette acception d’une humanité réduite à la masse biologique globale de tous les individus humains. Alors que l’enjeu du nazisme consistait en un triage ethnique et un effort eugéniste, l’humanisme contemporain (qui est à mon sens aussi bien un fascisme car une idéologie hégémonique), s’est donné pour objectif la conservation en puissance, et l’élevage, de tous les individus humains. Démographie galopante et suicide collectif par épuisement des ressources sont l’apanage de ce délire idéologique qu’est l’humanisme contemporain issu de la réduction eidétique de l’expérience concentrationnaire. La production d’un surhomme a échoué, et force est de constater que c’est dans la subhumanité biologique qu’on trouve le ciment définitionnel de l’humanité contemporaine. La révolution de paradigme de l’humain lié au projet fou d’Hitler a dénoyauté la théorie centrale de la monade consciente pour y mettre à la place le modèle génétique.

La singularité de la tragédie de Trèbes consiste à réintroduire de l’âme, c’est-à-dire, pour cette fois, de l’humain pur, dans le conflit qui nous oppose au fascisme islamique. Et par ce fait, nous pouvons voir que l’humanisme scientifique génétique est largement sublimé par le martyre du colonel qui, en sacrifiant son corps, laisse l’empreinte palpable d’un esprit, pour le moins d’un pur esprit de sacrifice. Quelques soient les motivations du terroriste dont le nom ne mérite ici, comme ailleurs, aucune mention, le Lieutenant-Colonel Beltrame a montré à l’ennemi et au peuple français que nos forces vives sont capables d’un sacrifice égal, consenti avec d’autant plus de ferveur qu’il est fait au nom de l’amour du prochain et non de la haine et de l’intolérance, qui sont le propre de cette « religion » qui ne peut en souffrir d’autres.

Ce qu’il y a de remarquable, dans le geste du Lieutenant-Colonel Beltrame, c’est qu’il montre que si les individus humains sont substituables, finis, la fin biologique n’est pas la fin d’un homme. Comme le dit l’otage remplacé « Il est mort pour que moi je vive ». En se substituant à l’otage, l’officier de gendarmerie récemment converti au christianisme fais le don entier et de sa vie biologique, et de sa vie spirituelle. Il s’agit là d’un don surhumain, que ne motivent rien d’autres que des valeurs noblement humaines. Sont-ce ce genre de valeurs que l’on prête à un individu génétiquement humain capable de mutiler autrui pour satisfaire quelque obscur désir de reconnaissance au nom de prétexte fallacieux ? D’un côté nous avons l’immonde, le méprisable « shahid » qui assassine autrui et finit par provoquer sa propre liquidation, qu’il accueille d’emblée en vertu de son idéologie de haine et d’exclusion, la mort étant l’ultime moyen pour se glorifier personnellement et obtenir quelque avantage surnaturel. De l’autre, le martyre d’Arnaud Beltrame, au-delà de l’humanisme biologique, à travers, pour ainsi dire, le don du biologique, de la chair, et qui s’élève à un niveau d’humanité qui est sans commune mesure avec l’humanisme génétique qui inclut aussi bien dans son vaste panier de crabes le terroriste comme membre d’une humanité si diverse qu’elle englobe ses propres agents annihilant. C’est par amour pour l’autre que le Colonel se sacrifie. C’est par détestation de l’autre que le terroriste tue et s’offre aux balles. Qui est humain ?

Le sacrifice de ce héros, c’est l’introduction de nouveaux possibles dans le combat qui reste à mener de manière ouverte, non embryonnaire, assumée, déclarée, contre le fascisme islamique, aussi bien que contre cet humanisme pervers que nous évoquons ; ce subhumanisme, qui, en englobant trop et pas assez, englobe aussi bien sa perte de valeurs que son autodestruction démographique et écosystémique. La réponse hors norme apportée par cet officier à ce minable acte de « terreur islamiste ordinaire » dynamite un humanisme sans âme, sans foi, un humanisme d’adn et d’égalitarisme niais, qui permet de protéger les véritables ennemis de l’humanité que sont le fascisme, l’intolérance, la haine de l’autre. Par le martyre du gendarme Beltrame, l’esprit du peuple réincorpore la notion de sacrifice, et se pose en face de son ennemi avec les mêmes moyens de coercition. Il sera prêt lui aussi, au sacrifice ultime qu’impose la situation de guerre ouverte. Le fascisme islamique a le sang de la patrie française sur les mains. La patrie ne peut ignorer ce qu’elle consent à sacrifier à son ennemi. Les droits de l’homme ne pourront protéger plus longtemps les doctrines de l’ennemi qui les nient tout en les instrumentalisant. Est-ce qu’on a invoqué les droits de l’homme pour éviter la pendaison aux condamnés de Nuremberg ? Il doit en être de même pour le fascisme islamique et ses terroristes qui ne relèvent pas du droit commun, mais ressortent d’une juridiction militaire du fait de la nature martiale des exactions commises au nom de la doctrine politico-religieuse islamique. Pour combattre les menaces d’aujourd’hui comme de demain, et réarmer l’âme du peuple, nous devons repenser l’humanisme en dehors du paradigme biologique, et c’est là une lutte tragique où l’homme en tant qu’espèce est en jeu et qui doit faire l’objet d’un débat de fond.

L’humanisme ne peut être un principe universellement inclusif qui consiste dans la catégorisation de tous les individus abstraction faite de leur ethos ; lorsqu’un homme commet l’inhumain, il sort de l’humanité toute entière. C’est alors qu’une certaine relation avec la mort comme constitutive de la définition d’humanité doit être envisagée avec courage, comme le font plus facilement les personnes religieuses. Car l’homme, n’en déplaise aux obsédés de l’ego perpétuel, est un être mortel, fini. Il est bien plus fini qu’il n’est, à vrai dire, une fin en soi. C’est la déréliction et non pas la dignité de la conscience, qui fonde la spécificité du roseau pensant dans sa relation fragile avec le tout. Réintroduire l’esprit de finitude, comprendre les risques de l’histoire humaine et ses dérives, veiller à la conservation de l’espèce et pas seulement à la conservation des individus dans une prolifération aporétique (effort effréné qui précisément détruit tout notre habitat et voue l’espèce à sa perte) et a fortiori exclure de son champ juridique l’inhumain, voilà des enjeux pour une écologie sociale réaliste ! Mais ne rêvons pas, ces perspectives sont à envisager dans une société libérée du joug de la propagande subhumaniste liée à l’administration industrielle des masses humaines.

Nous ne combattrons jamais l’islam radical en cultivant le précepte fumeux d’un tout puissant génome humain individuellement déifié au nom de notre « dignité humaine » (on se demande bien de quoi on parle ? pourquoi n’évoque-t-on pas cette dignité quand il s’agit du fœtus ?) ; le fascisme islamique fait fi de ce subhumanisme vu comme une faiblesse idéologique, et pour cause. Nous devons réintroduire une exigence éthique dans notre conception de l’homme et refuser les agressions qui nous sont portées avec la fermeté nécessaire : la nature humaine ne peut plus davantage être invoquée pour protéger des populations et des doctrines qui nous menacent, justement, dans notre humanité.

 

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